Isabelle a 30 ans. Depuis trois ans, Thomas , l’homme qu’elle aime , vivait à ses crochets et ce n’était facile ni pour elle ni pour lui. Un déséquilibre qui a failli avoir raison de leur amour.
Avec lui, tout a commencé dans une randonnée à rollers. Le Rollers, il n’y a pas de meilleure agence matrimoniale ! C’était un dimanche. On était au moins cinq cent et je ne voyais que lui. Il était un ami de mon frère, je l’avais déjà rencontré avant, mais là tout d’un coup, ça été une révélation. Il était très séduisant . Il avait une vie sociale remplie. Avec lui, j’étais heureuse, j’avais l’impression de sortir d’une longue période d’ hybernation. C’était il y a exactement trois ans, en avril 2005 . L'année de mes 27 ans. Je me séparais de H. , mon compagnon de neuf ans. Une séparation douloureuse. On avait essayé de sauver les meubles en achetant un appartement. On avait signé en janvier et on devait y entrer en juin. Mais cet appartement , on n’a même pas eu le temps de l’habiter: en avril, on s’est séparés . « c’est toi qui a choisi de me quitter , m’a t il dit , alors pour la maison , tu te débrouilles . » J’ai revendu aussitôt. Je suis retournée chez mon père . C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Thomas.
Mon père a aujourd’hui 69 ans Il est toujours très gai,trés optimiste et je l’ adore. Thomas s’est tout de suite entendu avec lui, c’était important pour moi… Ma mère est décédée , en 1989, quand j’avais 10 ans et je me suis toujours occupée de mon père ainsi que de mon frère qui a quatre ans de moins que moi . Je me suis toujours occupée des autres, moi. Avec Thomas, je retrouvais les sorties, les amis., j’avais l’impression qu’enfin je vivais. Mais le problème , c’était l’argent. Il n’avait pas de vrai travail : il allait de petits boulots à mi temps en petits boulots en CDD …. Il voulait être photographe , c’était une passion et il désirait en faire son métier mais il n’y arrivait pas , alors il vivait joyeusement à crédit et à découvert sans se soucier du lendemain.
Je l’ai aidé tout de suite . C'était facile : je travaille et en plus j'avais quelques économies. Je n’en parlais pas ailleurs . J’avais peur qu’on se moque de moi qu’on me prenne pour une cruche parce qu’ il vivait vraiment à mes crochets . Il ne me demandait rien , lui . C’était moi, j’insistais toujours pour payer. J'adorais . « Combien ça fait ? « Et on n’en parlait plus ! Je me sentais riche . Je venais de vendre l’appartement, je vivais chez mon père , je pouvais. Ses factures Internet , celles de son portable, pour moi ce n’était rien . Mais cela plaçait quand même notre relation sur des bases assez malsaines.Un soir il y a eu une fuite d’eau dans son appartement , .Le plombier est arrivé . Ca coûtait 200 euros . Il fallait payer tout de suite J’ai sorti mon carnet de chèques .Si je ne ‘lavais pas fait , le plombier repartait sans faire le boulot. Il vivait comme ça , complètement à crédit . Il se faisait d’abord plaisir, après il regardait les factures et moi j’étais là…..
Au bout de quelques mois j’ai commencé à me demander s'il ne profitait pas de la situation. Je lui reprochais de ne pas travailler et puis je vivais mal, et avec retard, ma séparation d’avec H. Je ne pouvais pas repasser devant la maison que je venais de revendre sans avoir envie de vomir . H. allait mal lui aussi et je me sentais coupable. J'ai fait une vraie dépression . Je ne faisais que pleurer et dormir . J’ai été arrêtée trois mois.
Ma dépression a failli nous séparer: il m'a trompée. Je l’ai découvert en voyant des messages qu’’une fille lui adressait sur son adresse e-mail. Il n’y avait aucun doute. Je l’ai interrogé: « je sais que tu m’as trompé. » Il niait. Je lui en voulais de ne pas me dire la vérité, mais c’était comme pour l’argent, il préfèrait repousser les problèmes, quitte à mentir ou à fuir la discussion. En même temps, il était là, avec moi alors que j’allais mal , il est resté tout le temps et je lui en étais reconnaissante. Je me disais : « il faut que je ‘l accepte avec ses défauts . Il me fait du bien et il est là , c’est le principal » Ont suivi alors presque deux ans de relation chaotique et d'amour fou. Les dernières années avec H. m’avaient minée. Avec Thomas, c’était une vie riche , animée . Et j’avais du temps a rattraper ! J’étais chez lui la moitié des nuits , les autres je dormais chez mon père . J’ai acheté un autre appartement. J’ai emménagée, seule, mais deux mois après, je n’en pouvais plus, j’ avais envie de lui tout le temps, je lui ai dit : « viens ».
On a défini ensemble la participation financière de chacun. La moitié des factures communes pour lui . Et une petite participation aux frais quotidiens. C’ était déjà un net progrés. Il a fait un effort. Il a repris le travail d’amubulancier qu’il avait exercé un moment . Mais il y avait des mois où il n’arrivait pas à me donner: il gagnait peu et l’argent avait l’air de lui filer entre les doigts. Il dépensait énormément pour sa passion : la photo. Il avait toujours besoin de plus d’appareils, de focales différentes, de logiciels pour son ordinateur. Et j’étais encore souvent appelée à la rescousse avec ma carte bancaire car la sienne ne passait jamais... Je devais assurer, je n'avais pas le choix ! Parfois on criait, on se déchirait parce que je doutais de sa sincérité, parce que j'avais peur qu'il me trompe à nouveau, parce que c'était fatiguant pour moi d'être si responsable , de toujours donner et aussi par ce que je me demandais quand tout cela allait s'arranger. Par moments je me sentais trop raisonnable, ce n’est pas rigolo d’avoir ce rôle-là et lui il en avait assez aussi d’être dans cette situation instable. On parlait beaucoup, c’est ce qui nous sauvait : on se comprenait. On se comprend.Thomas, c'est quelqu’un de bien, je n’en ai jamais douté. N’empêche, nous avons eu de la chance de nous en sortir.
Aujourd’hui, je me repasse tout le film dans la tête. Je vois bien que nous étions trop fragiles tous les deux quand nous nous sommes rencontrés. Il y avait mes failles – je suis trop maternelle !- et les siennes: il ne savait pas ce qu’ il voulait faire de sa vie. Moi, je rêvais d’avoir un enfant, alors que maintenant je me dis que pour ça j’ai le temps. … Oui, c’est vrai , tout a changé depuis trois ans. Je lui ai pardonné son écart. Et lui a su m’accepter comme je suis. On est plus libres l’un par rapport à l’ autre...Il est vrai que, professionnellement, il s’est peut être enfin stabilisé. Il a signé en décembre un gros contrat pour un job de longue durée comme photographe. Il va faire une série de reportages à l’étranger. Maintenant je me dis que c’est lui qui avait raison : ça valait la peine de faire des efforts. Il a pris des risques et ça a payé.
Il est parti pour son premier déplacement au Sénégal. Ca a été très dur: il me manquait. Le deuxième fois, en Pologne, je me sentais déjà mieux et maintenant je m’aperçois que ces séparations ont des avantages: je ne suis plus aussi dépendante de lui. Je ressens plus qu’il m’aime. D’ ailleurs il m’appelle tout le temps. Il s’inquiète pour moi. Et moi je n’ai plus peur qu ‘il me trompe…. La semaine prochaine il doit partir pour la Bulgarie. Ensuite il y aura le Nigeria, le Brésil, l’Amérique latine. A moi d’organiser ma vie pendant ces périodes sans lui !
Il gagne bien sa vie désormais et il est fier de ce qu’il fait. Il parle même d’avoir un bébé…..Avant nos amis savaient que je l’aidais,ce n’était pas forcément facile à vivre pour lui . Là, il a retrouvé un statut plus honorable. En plus, il m’ est reconnaissant d’avoir tenu. Il me dit: « Si tu n’ avais pas été là pour les appareils photo, je n’y serais jamais arrivé…»
Je sais qu'il verra ce témoignage car cette rubrique, est toujours la première qu'il lit quand il me vole mon ELLE. Je voudrais lui dire combien je l'aime et comme je suis fière de lui. Quand je l'ai connu, il se cherchait, il fuyait ses responsabilités. Aujourd’hui il me le dit: il a confiance. Son avenir, il le voit avec moi.
ELLE/ 7 avril 2008/ propos receuillis par Antoine SILBER
dimanche 6 avril 2008
samedi 22 mars 2008
C’est mon histoire :" je suis allée jusqu'à Shanghaï pour le retrouver..."
Amandine et Théo ne sont jamais synchrones. Ils se sont connus il y a trois ans à Edimbourg et depuis ils se courent après. De Lyon à Londres et de Montréal à Shanghaï. Elle raconte.
J’ai 25 ans . J’ai toujours essayé de mêler études, travail et voyages.Et Théo aussi. C’est ce qui nous rapproche mais c’est aussi ce qui nous éloigne. A 18 ans, je travaillais a Londres comme serveuse dans un resto de la City. J’y suis restée huit mois, avant d’ intégrer un IUT en techniques de commercialisation, à Lyon. Puis j’ai passé un an à Montréal, un échange pour valider mon DUT. En Octobre 2004, je suis partie faire ma licence à Edimbourg. Et c’est là que je l’ai rencontré.
Il était de Paris, moi je suis de Lyon. Etudiant lui aussi, mais avec déjà un doctorat. On a accrochés tout de suite . Ce qui me frappait, c’est qu’il parlait tellement bien anglais. Il était beau et il avait l’air de le savoir. Grand. Brun, bon chic bon genre, mais cool vous voyez. Il me draguait mais à sa manière, proprement, poliment. Il était charmant, on passait des journée délicieuses. Il est tombé amoureux tout de suite,mais moi j’étais plus distante,je le voyais plus comme mon meilleur ami. A l’époque, aussi, j’avais un copain, depuis trois ans , depuis l’IUT. Je n’étais pas complètement disponible.
Il me disait que j’étais importante pour lui,mais moi, j’avais du mal à me livrer. Je n’y allais pas…. Il est revenu à Paris et je suis restée à Edimbourg, mais je le revoyais souvent, je rentrais en France toutes les trois semaines à peu prés. En juin 2005, je repars définitivement d’Edimbourg. Je le vois à Paris . Il me dit: « Cet été il faut que tu réfléchisses à nous deux ». Pendant l’été , il va à l’Ile de Ré rejoindre sa famille. Moi en Italie. Son frère après m’a dit qu’il ne parlait que de moi . A la fin de l’été , il me rappelle : « Est ce que tu as réfléchi? ». J’avais quitté mon copain mais je n’étais pas plus décidé qu’avant. J’allais déménager en Septembre pour intégrer une école de commerce à Tours. Il me dit qu’il va venir me voir. Ca me faisait peur, je lui dis non. Il insistait. Je refusais . Je ‘n y arrivais toujours pas , je ne sais pas pourquoi . Et du coup on ne s’est plus revus .Jusqu’à Noël 2005 où il est venu me voir à Lyon et ‘ma invité dans un bouchon, dans le vieux Lyon .Je me souviens de cette époque- là, je commençais à me lâcher. Je me disais qu’avec lui cela pourrait être vraiment bien . Et puis 2OO6 est arrivé….Moi j’étais à Tours , lui à Paris. Et en février, soudain, il m’envoie un mail: « Je pars pour la Chine ! »
Il s’est retrouvé à Shanghaï et j’ai tout de suite compris qu’il allait me manquer affreusement. Il avait fallu qu’il s’en aille au bout du monde pour que je m’en aperçoive! Je regrettais son départ. Je regrettais surtout qu’on se soit ratés comme ça . Il travaillait dans une grande boîte française.Et j’avais envie d’être avec lui. On s’envoyait des mails. En avril, je lui écris : « j’ai des vacances, j’arrive, je reste 10 jours ». Il me répond: « viens ». Il me répond tout de suite ,très content, enthousiaste. Et puis il y a tout une série de quiproquos. Je lui avais dit que j’arrivais un lundi mais je m étais trompée , à cause du décalage horaire , je n’arrivais que le mardi. J’ai eu un changement à Francfort, le voyage a été interminable. Il m’a attendu 24 heures . Il s’ est inquiété. Quand je suis arrivée , il était énervé . Ca commençait mal!
Je ne comprenais pas pourquoi il était si froid alors que huit jours plus tôt, dans ses mails, il était tellement amoureux, si impatient de me voir. Je ne l’ai compris qu’ après : entre le moment où il m’a dit : « viens « et mon arrivée, il avait rencontré une fille, une chinoise. Kim. Pour moi, c’était un peu la douche froide. Il me l’a avoué: « j’ai une copine » « Qui c’est? Comment elle s’appelle ?» « Une étudiante ». J’étais mal à l’aise. Je me sentais perdue dans un pays inconnu avec mon Théo qui n’était plus mon Théo. Je débarquais dans la vie qu’ il s’était créée et je n’allais pas mais pas du tout dans le décor. Il n’était plus aussi pressant, amoureux qu’ à Edimbourg. Il me fuyait, même . Il travaillait tout le temps ou alors il était avec cette Kim. En plus, il pleuvait. La fin du voyage a été sinistre. A l’aéroport, quand on s’est dit au revoir, je me sentais tellement triste. C’était encore raté! J’ai ruminé ça tout le voyage et à l’ arrivée à Paris, j’étais décidée à tout arrêter.
Pendant un an, je n’ai plus voulu le voir . J’essayais de vivre ma vie sans lui, de l’oublier. En mars 2007, il m’ envoie un mail. Il me dit qu’il aimerait avoir des nouvelles, que je compte pour lui. Je lui réponds que je m’apprête à partir au Canada et il me renvoie un mail pour me dire que je lui manque. Je décide de ne pas lui répondre, on commençait quand même a se faire un peu beaucoup de mal. Je suis donc retournée cinq mois à Montréal. Je n’ avais personne, je ne le remplaçais pas. Je crois que je n’aurais pas pu aller avec un autre garçon. Je suis revenue à Paris fin août. Lui est revenu de Chine en novembre , c’était l’an dernier, en 2007 . Il m’a alors envoyé un mail auquel je n’ai pas répondu, je ne me sentais pas encore prête vraiment à avoir des relations apaisées avec lui.
Un soir, en décembre,j’étais à Lyon, chez mes parents, le téléphone sonne. C’était lui . Il était à Paris. Je revenais le lendemain. Il propose qu’on se voit . Et je cède. Je lui donne rendez-vous place de l’Opéra . C’était un mercredi . On était si contents de se retrouver. On s’est parlés deux heures , on s’est tout dit . On est allés ensemble acheter des cadeaux de Noël . Le soir, il m’a emmenée dîner chez son père et je suis restée dormir. On se retrouvait, c’était si intense. Depuis le début on passait son temps à se courir après sans jamais arriver à se rattraper et là , soudain, on n’avait plus cette impression de décalage, on était synchrones. Amoureux en même temps . Enfin ensemble. On pouvait vivre notre histoire à fond.
Il devait aller passer le nouvel an chez sa mère qui, elle aussi, vit à Lyon. Il voulait me la présenter. J’ai hésité et puis je me suis retrouvée avec toute sa famille, sa maman et ses deux frères. J’avais une impression étrange, comme si je faisais déjà partie de sa famille. J’étais si heureuse et puis soudain il a dit qu’ il allait repartir pour Shanghaï, parce que pour lui, l’avenir était là-bas, et moi ça m’a glacée. Je me suis demandée tout d’un coup ce que j’allais devenir s’il repartait. Je ne voulais pas. La première fois, là-bas, ça avait été une telle souffrance
Deux mois après, juste avant son départ, il m’a dit : « Je crois que pour nous, ce n’est pas encore le bon moment. » Il m’a embrassée et puis il a ajouté: « tu sais, je tiens à toi….» Qu’est-ce que je pouvais lui répondre? Il sait qu’il est spécial pour moi. Il sait que je peux tout lui pardonner. Il sait que j’aime beaucoup voyager , mais de là à le suivre partout, non ! En fait, il y a deux Théo. Le Théo d’Edimbourg , tellement charmant et amoureux , celui qui me dit que je lui manque,le Théo que ‘j aime. Et il y a le Théo de Shanghai, si lointain, si froid. Celui que je n’aime pas. Je réponds en ce moment à des annonces pour aller travailler comme chef de produit en marketing aux Etats-Unis ou ailleurs à l’étranger. Mais si un poste se libère à Shanghaï, qu’est-ce que je dois faire? Est ce que je dois y aller? Dans quel pays est- ce je vais habiter l’an prochain? Je ne sais pas. Je ne sais plus .
A 26 ans, il ne veut pas s’engager. En tous cas pas avant d’avoir réussi professionnellement. Et je crois que c’est un peu la même chose pour moi. Au fond ,je ne peux rien lui reprocher. Il est clair. Est-ce que nous, c’est une histoire sans fin ? Mais si on ne peut pas se quitter, est-ce que ça ne veut pas dire que c’est fort, plus fort qu’avec tous les autres, plus fort que tout ? Moi je crois qu’ un jour, ce sera « le bon moment ». Oui ,sûrement, j’ y crois. Mais quand? Dans six mois? Dans dix ans?
ELLE. 24 mars 2008. Propos receuillis par Antoine SILBER
J’ai 25 ans . J’ai toujours essayé de mêler études, travail et voyages.Et Théo aussi. C’est ce qui nous rapproche mais c’est aussi ce qui nous éloigne. A 18 ans, je travaillais a Londres comme serveuse dans un resto de la City. J’y suis restée huit mois, avant d’ intégrer un IUT en techniques de commercialisation, à Lyon. Puis j’ai passé un an à Montréal, un échange pour valider mon DUT. En Octobre 2004, je suis partie faire ma licence à Edimbourg. Et c’est là que je l’ai rencontré.
Il était de Paris, moi je suis de Lyon. Etudiant lui aussi, mais avec déjà un doctorat. On a accrochés tout de suite . Ce qui me frappait, c’est qu’il parlait tellement bien anglais. Il était beau et il avait l’air de le savoir. Grand. Brun, bon chic bon genre, mais cool vous voyez. Il me draguait mais à sa manière, proprement, poliment. Il était charmant, on passait des journée délicieuses. Il est tombé amoureux tout de suite,mais moi j’étais plus distante,je le voyais plus comme mon meilleur ami. A l’époque, aussi, j’avais un copain, depuis trois ans , depuis l’IUT. Je n’étais pas complètement disponible.
Il me disait que j’étais importante pour lui,mais moi, j’avais du mal à me livrer. Je n’y allais pas…. Il est revenu à Paris et je suis restée à Edimbourg, mais je le revoyais souvent, je rentrais en France toutes les trois semaines à peu prés. En juin 2005, je repars définitivement d’Edimbourg. Je le vois à Paris . Il me dit: « Cet été il faut que tu réfléchisses à nous deux ». Pendant l’été , il va à l’Ile de Ré rejoindre sa famille. Moi en Italie. Son frère après m’a dit qu’il ne parlait que de moi . A la fin de l’été , il me rappelle : « Est ce que tu as réfléchi? ». J’avais quitté mon copain mais je n’étais pas plus décidé qu’avant. J’allais déménager en Septembre pour intégrer une école de commerce à Tours. Il me dit qu’il va venir me voir. Ca me faisait peur, je lui dis non. Il insistait. Je refusais . Je ‘n y arrivais toujours pas , je ne sais pas pourquoi . Et du coup on ne s’est plus revus .Jusqu’à Noël 2005 où il est venu me voir à Lyon et ‘ma invité dans un bouchon, dans le vieux Lyon .Je me souviens de cette époque- là, je commençais à me lâcher. Je me disais qu’avec lui cela pourrait être vraiment bien . Et puis 2OO6 est arrivé….Moi j’étais à Tours , lui à Paris. Et en février, soudain, il m’envoie un mail: « Je pars pour la Chine ! »
Il s’est retrouvé à Shanghaï et j’ai tout de suite compris qu’il allait me manquer affreusement. Il avait fallu qu’il s’en aille au bout du monde pour que je m’en aperçoive! Je regrettais son départ. Je regrettais surtout qu’on se soit ratés comme ça . Il travaillait dans une grande boîte française.Et j’avais envie d’être avec lui. On s’envoyait des mails. En avril, je lui écris : « j’ai des vacances, j’arrive, je reste 10 jours ». Il me répond: « viens ». Il me répond tout de suite ,très content, enthousiaste. Et puis il y a tout une série de quiproquos. Je lui avais dit que j’arrivais un lundi mais je m étais trompée , à cause du décalage horaire , je n’arrivais que le mardi. J’ai eu un changement à Francfort, le voyage a été interminable. Il m’a attendu 24 heures . Il s’ est inquiété. Quand je suis arrivée , il était énervé . Ca commençait mal!
Je ne comprenais pas pourquoi il était si froid alors que huit jours plus tôt, dans ses mails, il était tellement amoureux, si impatient de me voir. Je ne l’ai compris qu’ après : entre le moment où il m’a dit : « viens « et mon arrivée, il avait rencontré une fille, une chinoise. Kim. Pour moi, c’était un peu la douche froide. Il me l’a avoué: « j’ai une copine » « Qui c’est? Comment elle s’appelle ?» « Une étudiante ». J’étais mal à l’aise. Je me sentais perdue dans un pays inconnu avec mon Théo qui n’était plus mon Théo. Je débarquais dans la vie qu’ il s’était créée et je n’allais pas mais pas du tout dans le décor. Il n’était plus aussi pressant, amoureux qu’ à Edimbourg. Il me fuyait, même . Il travaillait tout le temps ou alors il était avec cette Kim. En plus, il pleuvait. La fin du voyage a été sinistre. A l’aéroport, quand on s’est dit au revoir, je me sentais tellement triste. C’était encore raté! J’ai ruminé ça tout le voyage et à l’ arrivée à Paris, j’étais décidée à tout arrêter.
Pendant un an, je n’ai plus voulu le voir . J’essayais de vivre ma vie sans lui, de l’oublier. En mars 2007, il m’ envoie un mail. Il me dit qu’il aimerait avoir des nouvelles, que je compte pour lui. Je lui réponds que je m’apprête à partir au Canada et il me renvoie un mail pour me dire que je lui manque. Je décide de ne pas lui répondre, on commençait quand même a se faire un peu beaucoup de mal. Je suis donc retournée cinq mois à Montréal. Je n’ avais personne, je ne le remplaçais pas. Je crois que je n’aurais pas pu aller avec un autre garçon. Je suis revenue à Paris fin août. Lui est revenu de Chine en novembre , c’était l’an dernier, en 2007 . Il m’a alors envoyé un mail auquel je n’ai pas répondu, je ne me sentais pas encore prête vraiment à avoir des relations apaisées avec lui.
Un soir, en décembre,j’étais à Lyon, chez mes parents, le téléphone sonne. C’était lui . Il était à Paris. Je revenais le lendemain. Il propose qu’on se voit . Et je cède. Je lui donne rendez-vous place de l’Opéra . C’était un mercredi . On était si contents de se retrouver. On s’est parlés deux heures , on s’est tout dit . On est allés ensemble acheter des cadeaux de Noël . Le soir, il m’a emmenée dîner chez son père et je suis restée dormir. On se retrouvait, c’était si intense. Depuis le début on passait son temps à se courir après sans jamais arriver à se rattraper et là , soudain, on n’avait plus cette impression de décalage, on était synchrones. Amoureux en même temps . Enfin ensemble. On pouvait vivre notre histoire à fond.
Il devait aller passer le nouvel an chez sa mère qui, elle aussi, vit à Lyon. Il voulait me la présenter. J’ai hésité et puis je me suis retrouvée avec toute sa famille, sa maman et ses deux frères. J’avais une impression étrange, comme si je faisais déjà partie de sa famille. J’étais si heureuse et puis soudain il a dit qu’ il allait repartir pour Shanghaï, parce que pour lui, l’avenir était là-bas, et moi ça m’a glacée. Je me suis demandée tout d’un coup ce que j’allais devenir s’il repartait. Je ne voulais pas. La première fois, là-bas, ça avait été une telle souffrance
Deux mois après, juste avant son départ, il m’a dit : « Je crois que pour nous, ce n’est pas encore le bon moment. » Il m’a embrassée et puis il a ajouté: « tu sais, je tiens à toi….» Qu’est-ce que je pouvais lui répondre? Il sait qu’il est spécial pour moi. Il sait que je peux tout lui pardonner. Il sait que j’aime beaucoup voyager , mais de là à le suivre partout, non ! En fait, il y a deux Théo. Le Théo d’Edimbourg , tellement charmant et amoureux , celui qui me dit que je lui manque,le Théo que ‘j aime. Et il y a le Théo de Shanghai, si lointain, si froid. Celui que je n’aime pas. Je réponds en ce moment à des annonces pour aller travailler comme chef de produit en marketing aux Etats-Unis ou ailleurs à l’étranger. Mais si un poste se libère à Shanghaï, qu’est-ce que je dois faire? Est ce que je dois y aller? Dans quel pays est- ce je vais habiter l’an prochain? Je ne sais pas. Je ne sais plus .
A 26 ans, il ne veut pas s’engager. En tous cas pas avant d’avoir réussi professionnellement. Et je crois que c’est un peu la même chose pour moi. Au fond ,je ne peux rien lui reprocher. Il est clair. Est-ce que nous, c’est une histoire sans fin ? Mais si on ne peut pas se quitter, est-ce que ça ne veut pas dire que c’est fort, plus fort qu’avec tous les autres, plus fort que tout ? Moi je crois qu’ un jour, ce sera « le bon moment ». Oui ,sûrement, j’ y crois. Mais quand? Dans six mois? Dans dix ans?
ELLE. 24 mars 2008. Propos receuillis par Antoine SILBER
dimanche 16 mars 2008
C’EST MON HISTOIRE « Six ans dans le même bureau que ma rivale! »
Ils étaient ensemble dans la vie, et travaillaient dans la même société . Un jour Olivier a quitté Raphaëlle pour Christelle, une collègue plus jeune. Et le calvaire a commencé. Raphaëlle a aujourd’hui 33 ans. Elle raconte.
Elle était ma collègue de bureau et ma rivale. Elle m’avait pris l’homme que j’aimais! Pendant six ans, on est restées toutes les deux à travailler dans le même bureau, l’une en face de l’autre, sans se parler. Je voyais Olivier venir la chercher pour déjeuner. Le vendredi, je sortais du bureau , je la voyais monter dans sa voiture, il avait les skis sur le toit et sa fille derrière. Il l’emmenait dans une station de ski, exactement comme moi, il m’emmenait avant. J'étais tellement malheureuse! Je ne pouvais pas partir . J’avais peur de ne plus avoir de boulot. Mais tout de même ….Aujourd'hui je me demande comment j’ai pu rester si longtemps sans réagir. Un peu comme si j’avais eu besoin de me punir .
La première fois que j’ai parlé à Olivier, c’était en 1997. Devant la machine à café. Il n’était pas très grand, il avait des yeux malicieux, c’était ce genre de garçon dont on dit: « il a du charme! ». On parlait moto; moi, je suis une fana. J’avais 23 ans, c’était il y a dix ans. Il avait sept ans de plus que moi, il était marié et avait une fille . Moi j’avais un petit ami à Périgueux mais je ne le voyais que le week-end. Un sportif. Il avait toujours des matchs et la veille des matchs, pas question de calin, « ça coupe les jambes » disait-il. Olivier était différent, plus à l’écoute. Il avait une moto 650 free wind bleue. Il m’emmenait faire des ballades. Après plusieurs mois à refuser ses avances, j'ai craqué.
Au début, personne ne savait qu’ on était ensemble . Il était inspecteur commercial et moi télé-conseillère. On se retrouvait en réunion le lundi. Il partait toute la semaine effectuer ses tournées et je le retrouvais le vendredi soir à Bordeaux, où traditionnellement il y a un grand rendez-vous de motards. Il voulait quitter sa femme mais à cause de sa fille, ça me gênait. Mes parents ont divorcé quand j’avais 16 ans, mon père est parti pour « une autre femme. Du coup avec Olivier , je revivais ce traumatisme, j’étais « cette autre femme »,c’était insupportable. Seulement voilà, sa femme a eu des soupçons, elle l’a fait suivre un soir, en voiture et trois jours après, un matin, il m’a retrouvé a la machine à café et m’a dit : «On a parlé avec ma femme. C’est décidé. Je m’en vais. Je loue un appartement. A partir de maintenant, toi et moi, on vit ensemble».
Il a trouvé un appartement à 500 mètres de chez moi mais jusqu’au divorce, nous restions clandestins. Il m’a présenté sa fille, adorable ; le divorce a été prononcé et trois mois après, je me suis enfin installée chez lui. Il était très amoureux. Il pouvait m’appeler dix fois dans la matinée. Mais dés qu’on a été complètement ensemble, ça n’a plus été , je le trouvais possessif, directif. Sa fille venait dormir chez lui un week-end tous les quinze jours et il fallait que je ‘m’éloigne pour qu’ elle ne sache pas qu’on vivait ensemble . J’ai passé le permis moto. Il a acheté une nouvelle machine, plus grosse et m’ a revendu son ancienne moto. On partait dans de grandes ballades à Nice, à Saint-Tropez. Ca c’était bien…Et là-dessus, Christelle est arrivée dans notre vie.
C’était en 2000. Elle était originaire du Lot-et-Garonne et sortait d’un IUT. Une très jolie brune. Plus jeune que moi de six ans. Tout le monde disait : « elle est super mignonne ». Je l’ai prise sous mon aile. Je lui ai expliqué le travail. Et je lui ai présenté Olivier….Pendant toute la fin de l’ année 2000, je sentais qu’ entre lui et moi, ça allait de plus en plus mal mais je n’imaginais pas ce qui se passait dans mon dos. Pour le réveillon du nouvel an, il est resté a Bordeaux et je suis montée faire la fête chez mon frère à Paris. Ca n’allait plus du tout entre nous et quelques jours après, en janvier, je lui ai dit que je voulais faire un break. Ce n’était pas une vraie séparation, je me demandais juste: est-ce que je dois continuer avec lui? Est ce que je suis heureuse?
Christelle me faisait ses confidences. Elle me racontait qu’elle avait une liaison: «je suis très amoureuse, c’est quelqu’un du bureau On s’est vus tout le week-end….» Moi, je croyais qu’elle me parlait d’un certain Pierre, un autre collègue. Pourquoi ne me disait-elle pas qu’il s’agissait de lui ? C’était assez pervers! Et puis un matin, elle est arrivée et elle m’a dit: « J’ai quelque chose à te dire» On se retrouve sur le parking. Là: «Alors voilà, la personne dont je te parlais , c’est lui, c’est Olivier …» Elle me raconte qu’il lui fait battre le cœur, qu’ elle couche avec lui. Elle me donne plein de détails. Et là-dessus, elle se met à pleurer. Moi bêtement,je la prends dans mes bras et je la console.
Je suis rentrée chez moi, effondrée. J’ai appelé mon père, oui, bizarrement: lui en premier, avant ma mère. J’ai vu Olivier le lendemain, je venais prendre les affaires que j’avais laissées chez lui. Je lui ai dit : «Tu aurais quand même pu me l’annoncer toi même. Tu as été lâche!» « Tu n’avais qu’à ne pas partir, me répond-il. C’est toi qui m’a quitté quand même. » C’était une discussion affreuse. Il était complètement de mauvaise foi puisque d’une part je ne l’avais pas vraiment quitté; d’autre part, sa liaison avec Christelle avait débuté derrière mon dos, alors qu’on était encore ensemble.
Avec Christelle, on ne se parlait plus. Elle était assise en face de moi toute la journée et je ne supportais plus cette situation. Bêtement j’ai essayé de le reconquérir e. Et j’y suis arrivée. Un jour, je lui ai dit que j’avais fait une grossière erreur , que je l’aimais toujours. Ca a marché : pendant trois, quatre mois, il a navigué entre nous deux. C’était très dur pour elle. Elle fumait clope sur clope. Je la voyais arriver le matin, des cernes sous les yeux. Elle lui envoyait des mails pour le supplier de revenir vers elle. Je ne sais pas, en fait, ce qu’ elle lui disait mais il a fini par céder. Il n’était pas net …. Alors j’ai rompu une deuxième fois. Et cette fois, vraiment. Il avait choisi. Il l’avait choisie, elle. J’avais perdu.
En Septembre 2001, il a été nommé responsable d’ un service et il a arrêté ses tournées d’inspection. Du coup je le voyais passer tous les jours. Christelle s’est installée chez lui. Moi, il m’évitait. Il ne me disait même plus bonjour. Comme pour me signifier: « tu vois, tout ce que tu as perdu…» Il était arrogant. En tous cas j’interprétais son attitude comme ça. C’était d’autant plus horrible qu’il avait fait en sorte que tout le monde au bureau pense que j’étais la méchante de l’histoire, que c’est moi qui l’avait quitté. Il ne voulait pas passer pour celui qui trompe, pour le salaud.
En 2002, ils ont acheté un appartement ensemble. A partir de ce moment-là, je me suis dit: je ne peux plus rester à regarder ça, c’est trop dur. Il faut que je démissionne. Mais je n’y arrivais pas. Et ça a duré des années avant que je parvienne à me décider. J’ai vécu d’autres histoires d’amour pendant tout ce temps mais tout de même , je m’ en veux d’avoir été si passive. En 2005, elle est tombée enceinte. Ils ont eu un fils . Olivier e amenait le gamin au bureau . Et il fallait que je fasse bonne figure! En 2007, il y a eu une réorganisation des services, Christelle a été affectée dans un autre batiment. Olivier ,lui, allait être nommé responsable de mon service . C’est lui qui allait décider de mes éventuelles augmentations, de mes horaires, de mes vacances. Ce n’était plus possible. Je me suis dit : « cette fois,je m’en vais. »
Je suis partie de la société le 30 septembre dernier . Et j’ai retrouvé un boulot très vite , beaucoup mieux que le précedent d’ ailleurs Tout va mieux maintenant. Je respire . Mais il a fallu que je fasse un vrai travail de deuil. Je peux le dire, même si c’est un peu vulgaire: j’en ai chié! C’est comme si j’avais voulu rester, me complaire dans ce malheur. Cette histoire a failli me détruire, mais aujourd’hui, elle est bien finie. J’ai 33 ans. J’ai l’impression de renaître.
ELLE/ 10 mars 2008/ propos recceullis par Antoine Silber
Elle était ma collègue de bureau et ma rivale. Elle m’avait pris l’homme que j’aimais! Pendant six ans, on est restées toutes les deux à travailler dans le même bureau, l’une en face de l’autre, sans se parler. Je voyais Olivier venir la chercher pour déjeuner. Le vendredi, je sortais du bureau , je la voyais monter dans sa voiture, il avait les skis sur le toit et sa fille derrière. Il l’emmenait dans une station de ski, exactement comme moi, il m’emmenait avant. J'étais tellement malheureuse! Je ne pouvais pas partir . J’avais peur de ne plus avoir de boulot. Mais tout de même ….Aujourd'hui je me demande comment j’ai pu rester si longtemps sans réagir. Un peu comme si j’avais eu besoin de me punir .
La première fois que j’ai parlé à Olivier, c’était en 1997. Devant la machine à café. Il n’était pas très grand, il avait des yeux malicieux, c’était ce genre de garçon dont on dit: « il a du charme! ». On parlait moto; moi, je suis une fana. J’avais 23 ans, c’était il y a dix ans. Il avait sept ans de plus que moi, il était marié et avait une fille . Moi j’avais un petit ami à Périgueux mais je ne le voyais que le week-end. Un sportif. Il avait toujours des matchs et la veille des matchs, pas question de calin, « ça coupe les jambes » disait-il. Olivier était différent, plus à l’écoute. Il avait une moto 650 free wind bleue. Il m’emmenait faire des ballades. Après plusieurs mois à refuser ses avances, j'ai craqué.
Au début, personne ne savait qu’ on était ensemble . Il était inspecteur commercial et moi télé-conseillère. On se retrouvait en réunion le lundi. Il partait toute la semaine effectuer ses tournées et je le retrouvais le vendredi soir à Bordeaux, où traditionnellement il y a un grand rendez-vous de motards. Il voulait quitter sa femme mais à cause de sa fille, ça me gênait. Mes parents ont divorcé quand j’avais 16 ans, mon père est parti pour « une autre femme. Du coup avec Olivier , je revivais ce traumatisme, j’étais « cette autre femme »,c’était insupportable. Seulement voilà, sa femme a eu des soupçons, elle l’a fait suivre un soir, en voiture et trois jours après, un matin, il m’a retrouvé a la machine à café et m’a dit : «On a parlé avec ma femme. C’est décidé. Je m’en vais. Je loue un appartement. A partir de maintenant, toi et moi, on vit ensemble».
Il a trouvé un appartement à 500 mètres de chez moi mais jusqu’au divorce, nous restions clandestins. Il m’a présenté sa fille, adorable ; le divorce a été prononcé et trois mois après, je me suis enfin installée chez lui. Il était très amoureux. Il pouvait m’appeler dix fois dans la matinée. Mais dés qu’on a été complètement ensemble, ça n’a plus été , je le trouvais possessif, directif. Sa fille venait dormir chez lui un week-end tous les quinze jours et il fallait que je ‘m’éloigne pour qu’ elle ne sache pas qu’on vivait ensemble . J’ai passé le permis moto. Il a acheté une nouvelle machine, plus grosse et m’ a revendu son ancienne moto. On partait dans de grandes ballades à Nice, à Saint-Tropez. Ca c’était bien…Et là-dessus, Christelle est arrivée dans notre vie.
C’était en 2000. Elle était originaire du Lot-et-Garonne et sortait d’un IUT. Une très jolie brune. Plus jeune que moi de six ans. Tout le monde disait : « elle est super mignonne ». Je l’ai prise sous mon aile. Je lui ai expliqué le travail. Et je lui ai présenté Olivier….Pendant toute la fin de l’ année 2000, je sentais qu’ entre lui et moi, ça allait de plus en plus mal mais je n’imaginais pas ce qui se passait dans mon dos. Pour le réveillon du nouvel an, il est resté a Bordeaux et je suis montée faire la fête chez mon frère à Paris. Ca n’allait plus du tout entre nous et quelques jours après, en janvier, je lui ai dit que je voulais faire un break. Ce n’était pas une vraie séparation, je me demandais juste: est-ce que je dois continuer avec lui? Est ce que je suis heureuse?
Christelle me faisait ses confidences. Elle me racontait qu’elle avait une liaison: «je suis très amoureuse, c’est quelqu’un du bureau On s’est vus tout le week-end….» Moi, je croyais qu’elle me parlait d’un certain Pierre, un autre collègue. Pourquoi ne me disait-elle pas qu’il s’agissait de lui ? C’était assez pervers! Et puis un matin, elle est arrivée et elle m’a dit: « J’ai quelque chose à te dire» On se retrouve sur le parking. Là: «Alors voilà, la personne dont je te parlais , c’est lui, c’est Olivier …» Elle me raconte qu’il lui fait battre le cœur, qu’ elle couche avec lui. Elle me donne plein de détails. Et là-dessus, elle se met à pleurer. Moi bêtement,je la prends dans mes bras et je la console.
Je suis rentrée chez moi, effondrée. J’ai appelé mon père, oui, bizarrement: lui en premier, avant ma mère. J’ai vu Olivier le lendemain, je venais prendre les affaires que j’avais laissées chez lui. Je lui ai dit : «Tu aurais quand même pu me l’annoncer toi même. Tu as été lâche!» « Tu n’avais qu’à ne pas partir, me répond-il. C’est toi qui m’a quitté quand même. » C’était une discussion affreuse. Il était complètement de mauvaise foi puisque d’une part je ne l’avais pas vraiment quitté; d’autre part, sa liaison avec Christelle avait débuté derrière mon dos, alors qu’on était encore ensemble.
Avec Christelle, on ne se parlait plus. Elle était assise en face de moi toute la journée et je ne supportais plus cette situation. Bêtement j’ai essayé de le reconquérir e. Et j’y suis arrivée. Un jour, je lui ai dit que j’avais fait une grossière erreur , que je l’aimais toujours. Ca a marché : pendant trois, quatre mois, il a navigué entre nous deux. C’était très dur pour elle. Elle fumait clope sur clope. Je la voyais arriver le matin, des cernes sous les yeux. Elle lui envoyait des mails pour le supplier de revenir vers elle. Je ne sais pas, en fait, ce qu’ elle lui disait mais il a fini par céder. Il n’était pas net …. Alors j’ai rompu une deuxième fois. Et cette fois, vraiment. Il avait choisi. Il l’avait choisie, elle. J’avais perdu.
En Septembre 2001, il a été nommé responsable d’ un service et il a arrêté ses tournées d’inspection. Du coup je le voyais passer tous les jours. Christelle s’est installée chez lui. Moi, il m’évitait. Il ne me disait même plus bonjour. Comme pour me signifier: « tu vois, tout ce que tu as perdu…» Il était arrogant. En tous cas j’interprétais son attitude comme ça. C’était d’autant plus horrible qu’il avait fait en sorte que tout le monde au bureau pense que j’étais la méchante de l’histoire, que c’est moi qui l’avait quitté. Il ne voulait pas passer pour celui qui trompe, pour le salaud.
En 2002, ils ont acheté un appartement ensemble. A partir de ce moment-là, je me suis dit: je ne peux plus rester à regarder ça, c’est trop dur. Il faut que je démissionne. Mais je n’y arrivais pas. Et ça a duré des années avant que je parvienne à me décider. J’ai vécu d’autres histoires d’amour pendant tout ce temps mais tout de même , je m’ en veux d’avoir été si passive. En 2005, elle est tombée enceinte. Ils ont eu un fils . Olivier e amenait le gamin au bureau . Et il fallait que je fasse bonne figure! En 2007, il y a eu une réorganisation des services, Christelle a été affectée dans un autre batiment. Olivier ,lui, allait être nommé responsable de mon service . C’est lui qui allait décider de mes éventuelles augmentations, de mes horaires, de mes vacances. Ce n’était plus possible. Je me suis dit : « cette fois,je m’en vais. »
Je suis partie de la société le 30 septembre dernier . Et j’ai retrouvé un boulot très vite , beaucoup mieux que le précedent d’ ailleurs Tout va mieux maintenant. Je respire . Mais il a fallu que je fasse un vrai travail de deuil. Je peux le dire, même si c’est un peu vulgaire: j’en ai chié! C’est comme si j’avais voulu rester, me complaire dans ce malheur. Cette histoire a failli me détruire, mais aujourd’hui, elle est bien finie. J’ai 33 ans. J’ai l’impression de renaître.
ELLE/ 10 mars 2008/ propos recceullis par Antoine Silber
dimanche 2 mars 2008
c'est mon histoire "j'aime trop mes parents, c'est ça le problème ..."
A trente ans, Julie téléphone à ses parents deux fois par jour et, dés qu'elle a un chagrin d'amour retourne squatter chez sa mère. Elle raconte.
J’ai toujours été première en tout, première partout… Je voulais être parfaite. Faire ce qu’on attendait de moi. Quand je dis « on », je parle de mes parents, je n’ai qu’eux dans ma vie. Jusqu’au bac tout me paraissait aller bien. J’ai fait hypokhagne et puis j’ai présenté HEC et l'ESSEC . Et c’est là que tout s’est déréglé. J’ai raté et ça a été terrible. Je suis partie faire une ecole de commerce de province, pour moi, c’était la honte. J’avais 21 ans,j’ai commencé une psychothérapie. Je suis arrivée chez le psy, je lui ai dis: «je viens vous voir parce que je je voudrais savoir pourquoi j’ai un tel sentiment d‘échec» Il m’a répondu: «avant de vous demander pourquoi, racontez- moi comment….» « Pardon?» « Comment se passe votre vie…»
Je lui ai tout balancé, que j’étais fille unique, que j’avais toujours l’impression de ne pas faire assez bien, que mes parents m’avaient élevé avec l’idée que je devais être mieux que les autres. Ca a duré trois, quatre cinq séances comme ça. Je n’avais pas l’ impression d’avancer. Je le trouvais fermé, buté, ce psy. Il ne me donnait aucune piste. On est arrivé à la sixième séance. Je lui disais que dés que j’ouvre la bouche, mes parents avaient sur le visage cet air béat qui me laissait penser que j’étais un génie. Là le psy m’a arrêté: «Attendez , parlez- moi de votre mère…». J’avais choisi un psy- homme, parce que j’étais sûre que j’avais un problème avec mon père. Je me suis dit: « Il veut me brancher sur ma mère. NON. Je ne continuerai pas cette psy parce que je ne veux pas démolir ma mère…Sans elle, je meurs! »
A ce moment-là, j’étais avec un homme pas du tout fait pour moi. Ca, c’est ma spécialité! Il y en a un comme ça qui passe à portée, un qui va me rendre malheureuse à tous les coups , hop, c’est sûr, je le chope. Déjà lui, il était marié. En plus, il avait dix ans de plus que moi. J’ai réussi à le quitter mais j’ai eu du mal… C’était il y a 9 ans. Aujourd’hui j’ai 30 ans, j’ai eu beaucoup d’aventures depuis, mais le constat reste à peu prés le même. ….L’homme avec qui je suis en ce moment est plus âgé que moi, lui aussi. Mais de 7 ans, seulement et une chance il n’est pas marié. Je ne devrais pas me plaindre: avec Pierre, il s’appelle Pierre, c’est plutôt confortable. Le soir quand je rentre, il a fait à dîner. Je travaille dans une société de production télé, au moins douze heures par jour. J’aime mon boulot. Je réussis très bien . Lui il ne fait rien. Enfin, il fait de la video, c’est une sorte d’artiste. Alors il me fait la cuisine . Il est fou de moi. Il me dit que je suis la plus belle.
A première vue c’est l’homme ’idéal mais voilà, je ne suis pas amoureuse. Pas du tout . Pas plus de lui que de tous ceux qui l’ont précédé. « Amoureuse », je ne sais même pas ce que ce mot veut dire ! Du coup, j’ai des histoires à côté, mais ça ne débouche jamais sur rien non plus , ça le rend malheureux et moi ça me mine. Après, à chaque fois, je vais me réfugier chez mes parents. Dans leur maison de l’île d e Ré. Ou carrément chez eux à Paris. Je peux dîner trois fois par semaine avec eux. Parfois, je reste même coucher. J’ai toujours ma chambre !
J’aime trop mes parents, c’est ça le problème! Ca fait des années que je me dis ça, que je ne pourrais tomber amoureuse que si je décolle de chez eux . Je les appelle tous les jours! Ma mère, souvent deux fois par jour. En fait, je me sens encore très fille ,pas du tout femme comme elle. Elle est très féminine, ma mère ,toujours élégante . Elle me dit: «mais arrête de mettre des baskets et des sweet à capuche…» Ou : « Un jour ,il faut bien passer aux escarpins…» Elle a raison, elle a toujours raison: ça fait dix ans que je suis en en gazelle, en new balance, en Stan Smith !
Elle est chef d’entreprise. Et tellement géniale, ça fait presque peur. N’empêche, elle est toujours là pour moi. Dés que j’ai un problème, un texto ou un mail et elle me répond: « tu vas faire ci, tu vas faire ça » Ce n’est pas qu’ elle soit douce, ce n’est pas la maman câline, enveloppante. Elle,c’est plutôt: « allez , secoue-toi, tu ne vas pas te laisser abattre…» Mais même quand elle m’engueule, ça me réconforte. Ce que j’ aimerais, c’est continuer éternellement à me plaindre, à faire la fille, la petite fille à sa maman. Mes parents m’ont toujours adoré. Moi, j’aimerais rester leur fille toute la vie. Pour l’éternité….
Depuis quelque temps, je me demande si je ne vais pas quitter Pierre. Lui ne le sait pas encore mais eux, je le leur ai dit. Ils sont inquiets, d’ailleurs , ils l’aiment bien, Pierre. Il ne comprennent pas ma décision. Du coup, ils me bassinent avec ça chaque fois que je les vois. C’est le problème avec les parents soixante-huitards, ils veulent dialoguer et au nom du dialogue, ils vous communiquent leurs angoisses. « Tu es sûre de ce que tu fais, me dit mon père, Pierre c’est quand même un gentil garçon…» Ma mère elle, c’est carrément: «Mais alors, tu ne vas jamais arriver à te fixer? » Maintenant je suis moins réactive mais un jour elle m’avait dit ça, ou un truc comme ça et j’avais explosé: « J’en ai marre de ton jugement permanent. Tu crois m’aider et tu me casses »J’avais claqué la porte et j’étais partie . J’étais restée fâchée quatre mois.
A ce moment-là, j’en étais à ma deuxième psy. C’était une femme, je progressais. Avec elle ça n’avait pas duré longtemps, non plus . Je 'n avais pas pu aller à une séance .Ni à la suivante . Empêchée par le boulot . Elle m'a quand même fait payer les deux rendez vous . "Vous n'aviez qu'à vous débrouiller..."Je n'ai pas aimé son ton . Lorsque je 'lai revue, pendant tout l'entretien je me disais : " non seulement elle m'escroque, mais elle m'engueule, je vais la quitter . " En disant cela je me suis soudain rendu compte de ce qu'était le transfert: ce n'était pas elle que je voulais quitter, c’était ma mère.
Longtemps ,j’attendais que mes parents me lâchent . Je ne comprenais pas que c’était à moi d’arriver à être plus autonome . J’étais sûre qu’ils ne pouvaient pas se passer de moi. J’ai commencé a le comprendre avec ma nouvelle psy. La troisième. Elle s’appelle Anne. C’est probablement la personne la plus brillante que j’ai jamais rencontrée. Maintenant avec elle, je suis allongée, c’est mieux. Et je la vois deux fois par semaine . Hier pendant la séance, elle me disait:« N’oubliez pas : Dieu dit à Abraham: quitte ton père et ta mère… Ce sont les fondamentaux. » Elle me citait la bible, je n’en revenais pas. J’avais l’ impression d’être à la messe. « Abraham, le premier des prophètes , notre père a tous ….» continuait-elle. Je suis sortie . J’étais contente. Je me sentais enfin sur la bonne voie .
Cela fait quelque temps,maintenant, que j’ai décidé d’ inverser les priorités, de conduire ma vie selon mon désir et plus en suivant celui de mes parents, ou ce que je crois être celui de mes parents. Le problème pour moi n’est plus d’être une bonne fille, la fille parfaite, ce qu’il faut c’est que j’arrive à être heureuse. J’ai compris ça le jour de mes trente ans, en décembre dernier, il n’y a pas longtemps. Mes parents m’avaient organisé mon anniversaire chez eux. Il y avait là ma tante, la mère de Pierre, ma grand mère et d’autres . Je regardais toutes ces femmes . J’étais chez mes parents et je me sentais d’un seul coup comme une invitée, c’était la première fois que j’avais cette impression.
Marta ,une de mes meilleures amies m’a alors dit:« Moi à ton age, j’étais mariée,j’ avais déjà 2 enfants ». Elle a trente-quatre ans, elle. Mais oui, j’ai pensé aussitôt , elle a raison. Ca ne va pas, ça, ça ne va plus . J’ai trente ans. Je ne suis plus une enfant . Je ne veux plus que mes parents dirigent ma vie ,qu’ils continuent de me fêter mon anniversaire comme ça . Là, c’est trop. J’arrête. Je les ai regardés tous les deux, à l’autre bout de la pièce. Ils avaient l’air bien, tranquilles. Heureux . Ils allaient sûrement pouvoir se passer de moi, maintenant.
ELLE. /3 mars 2008/ propos receullis par Antoine Silber
J’ai toujours été première en tout, première partout… Je voulais être parfaite. Faire ce qu’on attendait de moi. Quand je dis « on », je parle de mes parents, je n’ai qu’eux dans ma vie. Jusqu’au bac tout me paraissait aller bien. J’ai fait hypokhagne et puis j’ai présenté HEC et l'ESSEC . Et c’est là que tout s’est déréglé. J’ai raté et ça a été terrible. Je suis partie faire une ecole de commerce de province, pour moi, c’était la honte. J’avais 21 ans,j’ai commencé une psychothérapie. Je suis arrivée chez le psy, je lui ai dis: «je viens vous voir parce que je je voudrais savoir pourquoi j’ai un tel sentiment d‘échec» Il m’a répondu: «avant de vous demander pourquoi, racontez- moi comment….» « Pardon?» « Comment se passe votre vie…»
Je lui ai tout balancé, que j’étais fille unique, que j’avais toujours l’impression de ne pas faire assez bien, que mes parents m’avaient élevé avec l’idée que je devais être mieux que les autres. Ca a duré trois, quatre cinq séances comme ça. Je n’avais pas l’ impression d’avancer. Je le trouvais fermé, buté, ce psy. Il ne me donnait aucune piste. On est arrivé à la sixième séance. Je lui disais que dés que j’ouvre la bouche, mes parents avaient sur le visage cet air béat qui me laissait penser que j’étais un génie. Là le psy m’a arrêté: «Attendez , parlez- moi de votre mère…». J’avais choisi un psy- homme, parce que j’étais sûre que j’avais un problème avec mon père. Je me suis dit: « Il veut me brancher sur ma mère. NON. Je ne continuerai pas cette psy parce que je ne veux pas démolir ma mère…Sans elle, je meurs! »
A ce moment-là, j’étais avec un homme pas du tout fait pour moi. Ca, c’est ma spécialité! Il y en a un comme ça qui passe à portée, un qui va me rendre malheureuse à tous les coups , hop, c’est sûr, je le chope. Déjà lui, il était marié. En plus, il avait dix ans de plus que moi. J’ai réussi à le quitter mais j’ai eu du mal… C’était il y a 9 ans. Aujourd’hui j’ai 30 ans, j’ai eu beaucoup d’aventures depuis, mais le constat reste à peu prés le même. ….L’homme avec qui je suis en ce moment est plus âgé que moi, lui aussi. Mais de 7 ans, seulement et une chance il n’est pas marié. Je ne devrais pas me plaindre: avec Pierre, il s’appelle Pierre, c’est plutôt confortable. Le soir quand je rentre, il a fait à dîner. Je travaille dans une société de production télé, au moins douze heures par jour. J’aime mon boulot. Je réussis très bien . Lui il ne fait rien. Enfin, il fait de la video, c’est une sorte d’artiste. Alors il me fait la cuisine . Il est fou de moi. Il me dit que je suis la plus belle.
A première vue c’est l’homme ’idéal mais voilà, je ne suis pas amoureuse. Pas du tout . Pas plus de lui que de tous ceux qui l’ont précédé. « Amoureuse », je ne sais même pas ce que ce mot veut dire ! Du coup, j’ai des histoires à côté, mais ça ne débouche jamais sur rien non plus , ça le rend malheureux et moi ça me mine. Après, à chaque fois, je vais me réfugier chez mes parents. Dans leur maison de l’île d e Ré. Ou carrément chez eux à Paris. Je peux dîner trois fois par semaine avec eux. Parfois, je reste même coucher. J’ai toujours ma chambre !
J’aime trop mes parents, c’est ça le problème! Ca fait des années que je me dis ça, que je ne pourrais tomber amoureuse que si je décolle de chez eux . Je les appelle tous les jours! Ma mère, souvent deux fois par jour. En fait, je me sens encore très fille ,pas du tout femme comme elle. Elle est très féminine, ma mère ,toujours élégante . Elle me dit: «mais arrête de mettre des baskets et des sweet à capuche…» Ou : « Un jour ,il faut bien passer aux escarpins…» Elle a raison, elle a toujours raison: ça fait dix ans que je suis en en gazelle, en new balance, en Stan Smith !
Elle est chef d’entreprise. Et tellement géniale, ça fait presque peur. N’empêche, elle est toujours là pour moi. Dés que j’ai un problème, un texto ou un mail et elle me répond: « tu vas faire ci, tu vas faire ça » Ce n’est pas qu’ elle soit douce, ce n’est pas la maman câline, enveloppante. Elle,c’est plutôt: « allez , secoue-toi, tu ne vas pas te laisser abattre…» Mais même quand elle m’engueule, ça me réconforte. Ce que j’ aimerais, c’est continuer éternellement à me plaindre, à faire la fille, la petite fille à sa maman. Mes parents m’ont toujours adoré. Moi, j’aimerais rester leur fille toute la vie. Pour l’éternité….
Depuis quelque temps, je me demande si je ne vais pas quitter Pierre. Lui ne le sait pas encore mais eux, je le leur ai dit. Ils sont inquiets, d’ailleurs , ils l’aiment bien, Pierre. Il ne comprennent pas ma décision. Du coup, ils me bassinent avec ça chaque fois que je les vois. C’est le problème avec les parents soixante-huitards, ils veulent dialoguer et au nom du dialogue, ils vous communiquent leurs angoisses. « Tu es sûre de ce que tu fais, me dit mon père, Pierre c’est quand même un gentil garçon…» Ma mère elle, c’est carrément: «Mais alors, tu ne vas jamais arriver à te fixer? » Maintenant je suis moins réactive mais un jour elle m’avait dit ça, ou un truc comme ça et j’avais explosé: « J’en ai marre de ton jugement permanent. Tu crois m’aider et tu me casses »J’avais claqué la porte et j’étais partie . J’étais restée fâchée quatre mois.
A ce moment-là, j’en étais à ma deuxième psy. C’était une femme, je progressais. Avec elle ça n’avait pas duré longtemps, non plus . Je 'n avais pas pu aller à une séance .Ni à la suivante . Empêchée par le boulot . Elle m'a quand même fait payer les deux rendez vous . "Vous n'aviez qu'à vous débrouiller..."Je n'ai pas aimé son ton . Lorsque je 'lai revue, pendant tout l'entretien je me disais : " non seulement elle m'escroque, mais elle m'engueule, je vais la quitter . " En disant cela je me suis soudain rendu compte de ce qu'était le transfert: ce n'était pas elle que je voulais quitter, c’était ma mère.
Longtemps ,j’attendais que mes parents me lâchent . Je ne comprenais pas que c’était à moi d’arriver à être plus autonome . J’étais sûre qu’ils ne pouvaient pas se passer de moi. J’ai commencé a le comprendre avec ma nouvelle psy. La troisième. Elle s’appelle Anne. C’est probablement la personne la plus brillante que j’ai jamais rencontrée. Maintenant avec elle, je suis allongée, c’est mieux. Et je la vois deux fois par semaine . Hier pendant la séance, elle me disait:« N’oubliez pas : Dieu dit à Abraham: quitte ton père et ta mère… Ce sont les fondamentaux. » Elle me citait la bible, je n’en revenais pas. J’avais l’ impression d’être à la messe. « Abraham, le premier des prophètes , notre père a tous ….» continuait-elle. Je suis sortie . J’étais contente. Je me sentais enfin sur la bonne voie .
Cela fait quelque temps,maintenant, que j’ai décidé d’ inverser les priorités, de conduire ma vie selon mon désir et plus en suivant celui de mes parents, ou ce que je crois être celui de mes parents. Le problème pour moi n’est plus d’être une bonne fille, la fille parfaite, ce qu’il faut c’est que j’arrive à être heureuse. J’ai compris ça le jour de mes trente ans, en décembre dernier, il n’y a pas longtemps. Mes parents m’avaient organisé mon anniversaire chez eux. Il y avait là ma tante, la mère de Pierre, ma grand mère et d’autres . Je regardais toutes ces femmes . J’étais chez mes parents et je me sentais d’un seul coup comme une invitée, c’était la première fois que j’avais cette impression.
Marta ,une de mes meilleures amies m’a alors dit:« Moi à ton age, j’étais mariée,j’ avais déjà 2 enfants ». Elle a trente-quatre ans, elle. Mais oui, j’ai pensé aussitôt , elle a raison. Ca ne va pas, ça, ça ne va plus . J’ai trente ans. Je ne suis plus une enfant . Je ne veux plus que mes parents dirigent ma vie ,qu’ils continuent de me fêter mon anniversaire comme ça . Là, c’est trop. J’arrête. Je les ai regardés tous les deux, à l’autre bout de la pièce. Ils avaient l’air bien, tranquilles. Heureux . Ils allaient sûrement pouvoir se passer de moi, maintenant.
ELLE. /3 mars 2008/ propos receullis par Antoine Silber
mardi 19 février 2008
C'est mon histoire : Mes nuits magiques au bord du Gange...
c'est mon histoire
Nathalie a trente ans et elle vit à la Rochelle. En Novembre dernier, elle part, sac au dos, un mois en Inde, avec une copine. Et à Varanasi, elle rencontre Dimitri, un jeune diamantaire russe. Elle raconte.
Il y a des gens qui rêvent leur vie. Moi j’ai toujours voulu vivre mes rêves. J’aime voyager. Peut-être par ce que je vis à la La Rochelle, cette ville belle et rebelle comme on dit, complètement ouverte sur le monde. Là, je reviens de quatre semaines d’un voyage en Inde. J’y étais partie avec Géraldine, une amie avec qui j'avais déjà bourlingué, au Mexique, en Australie et à Hawaï. Je savais que ce voyage serait important pour moi. Je pensais que j’étais prête pour l’Inde, pour quelque chose d’ un peu mystique. Mais je ne m’attendais pas a Dimitri. Ni à vivre de telles émotions à Varanesi, cette ville mythique plus connue ici sous le nom de Benares. On vient du monde entier y chercher l'illumination. Et moi, je crois que j’y ai trouvé mon bonheur.
On a débarqué a New Delhi début novembre. On avait un mois devant nous, ce qui est plutôt court pour ce genre de voyage. Trois jours à New delhi et c’était déjà le choc. Cette foule dans les rues . Ces odeurs , merveilleuses, si prenantes. On a pris un avion pour Darjeeling. Je voulais voir les montagnes. Là, nouveau choc: les gens , si généreux, des népalais , on n’arrivait plus à les quitter. De là, on a pris le train pour Varanesi. Le trajet devait durer douze heures, mais on a eu 6 heures de retard et on est arrivées, fourbus , pas lavées , un matin , à 5 heures et demi . On avait passé la nuit à nous battre avec les cafards tout en discutant avec un moine bouddhiste, un homme extraordinaire.
Varanesi! C’est là où je voulais aller ! C’est là que les Indiens veulent mourir. Et moi je cherchais mon paradis. On cherchait un hôtel dans les réelles qui longent le Gange. On trouve finalement un endroit correct, la puja guest house, avec une terrasse superbe qui dominait le Gange. On était le six novembre, on comptait rester là deux ou trois nuits avant de repartir vers Agra pour voir le Taj Mahal, Mais on se sentait vraiment sur une autre planète, on était émerveillées et tous les voyageurs, les gens qu’on rencontrait nous disaient de rester. Le 9, il allait y avoir la fête de Diwali. On nous disait: « Diwali, il faut absolument voir ça. C’est la fête des lumières. Pour les Indiens c’est comme Noël…. » On décide donc de rester jusqu’au 10. On avait enfilé des saris , moi un bleu, Geraldine un orangé. On marchait le long du Gange,on regardait tous ces gens se baignant dans ce fleuve sacré, on assistait aux crémations, c’était fascinant. On rentre. Il était quelque chose comme minuit. De la terrasse, tout le mon de lançait des feux d’artifices et des pétards. Un garçon, très grand, trés beau , me tend des pétards pour que je les lance du toit. Comment il était ? Je ne sais pas . Je ne voyais que ses yeux bleus. Il n’était pas indien mais russe. Et charmant. Je me dis : « Mince c’est dommage qu’on parte demain! » . Je n’étais pas à la recherche de quoi que ce soit, d’une histoire , encore moins d’ aventure d’une nuit mais je sentais qu’il se passait quelque chose. Une ambiance particulière.
On va se coucher. Le matin du 10, je me réveille avec une grosse fièvre. On doit partir le soir, je décide de me reposer et je passe ma journée à dormir sur notre si belle terrasse. A 16h, je bouge. Je tiens à faire une dernière fois une balade le long du Gange. Géraldine m'accompagne. Tout a coup on nous interpelle, le garçon de la veille: Dimitri. Ses yeux! Il nous dit ; " ce soir , c’est la fête, la vraie . Il faut que vous restiez ! " Il insiste . On parle. Il nous raconte qu’il a vécu en Inde jusqu’à l’âge de 15 ans parce que sa mère est de Pondichery. Il a 29 ans, un an de moins que moi maintenant il vit à Moscou mais il vient ici quatre fois par an acheter des pierres précieuses. Il est diamantaire. On regardait le Gange, tous les deux. Moi, j’étais un peu dans le coltard, pas maquillée en plus , en jean et débardeur noir. Mais heureuse, j’avais envie que tout ça dure. Il me dit alors: « Méfie toi des voeux que tu fais en Inde, ils se réalisent toujours … »
Notre train pour Agra quittait Varanesi à 6 heures du soir. Je vous passe les détails mais on décide de ne pas le prendre. Geraldine va se coucher et je reste avec Dimitri sur la terrasse .Et puis on va dans sa chambre, une super belle chambre avec un balcon sur le Gange. Les étoiles et la lune se reflètent dans l’eau. C’était féérique. Moi je pense qu’ il n’y a pas de hasard, que des rendez vous. Je DEVAIS le rencontrer, et il fallait que je vienne là pour ça! Il sortait d’une longue histoire, assez douloureuse et moi j’étais seule depuis un an. J’avais vécu cinq ans avec un garçon, mais c’était bien fini. Avec Dimitri, ce qui me plaisait, ce qui me plait, c’est qu’il y a beaucoup de respect. On s’est longtemps regardés dans les yeux avant de s’embrasser. Tout était simple, aussi. A deux heures du matin, on est descendus ensemble chercher des préservatifs, on en a trouvé dans une petite échoppe. On marchait dans la nuit de Varanesi, je me disais: « mais qu’est-ce que tu es en train de vivre? ». Je me sentais emmenée, attirée vers lui par une force irrésistible, comme envoûtée. Il caressait doucement mes lèvres , c’était si puissant et en même temps si délicat.
Se mettre nu devant lui ne ‘m a posé aucun problème , on était très naturels, très vrais tous les deux . Et après, ça a été merveilleux. Fusionnel, il n’ y a pas d’autre mot….Je me suis réveillée le lendemain matin dans ses bras , vers dix heures. De la musique indienne arrivait par la fenêtre, il me serrait contre lui, j’éprouvais un incroyable sentiment de plénitude.
Je suis allée voir Géraldine, et on a pris ensemble le petit-déjeuner. Je lui ai tout raconté, elle était super contente pour moi. Puis je suis remontée dans la chambre et on a refait l’amour. On était le 11 novembre! On est partis déjeuner en ville et prendre les billets à la gare mais les trains étaient complets jusqu’au 14. Lui même repartait ce jour là pour Moscou. C’était incroyable, ce délai que le destin nous accordait, comme s’il était écrit qu’on devait passer encore un peu plus de temps ensemble.
On parlait tout le temps .Et quand on ne parlait pas, on faisait l’amour. Le lendemain, il m’a emmenée voir un sadhu, une sorte de saint qui m’a expliqué que dans une vie antérieure ,j’étais morte à 32 ans mais que dans celle ci je dépasserai les 9O. Et il a précisé : « tu vivras à l’étranger. Tu feras des enfants dans un autre pays que le tien. » Quel pays ? Il ne le disait pas .
On n’est jamais allés a Agra , Géraldine et moi. Après Varanesi, on s’est retrouvées directement au Rahjastan. Avant de reprendre l’avion pour la France. Est-ce que je vais le revoir? Je me pose la question depuis deux mois, maintenant. On s’est dit et répété qu’on allait garder le contact. Quand on s’est quittés, le 14, à la gare, il m’embrassait et il me disait qu’il était sûr qu’on se reverrait. « Ce n’est pas possible autrement ! » Je ne sais pas pourquoi,mais j’y crois.
En rentrant de voyage, moi j’ai toujours du mal à redescendre sur terre, à me réadapter, mais là, ça a été terrible. Dans ma tête, j’étais encore au bord du Gange, avec Dimitri. Depuis huit ans, je vends des vêtements de sports, j’ai super bien vécu, très bien gagné ma vie. Mais je sens que c’est fini. Je ne veux plus présenter de collections dans des shows rooms, dans de grands hôtels. Je n’ai plus envie de faire du chiffre, être dans l’hyper- matérialisme. Ces dernières années,pendant ces voyages, j’ai rencontré tellement de gens vrais, je me suis découverte. Je veux trouver un travail dans une ONG ou quelque chose en rapport avec le voyage. De toutes façons, je sais que je vais repartir…. Dimitri est à Moscou. On s’est appelés plusieurs fois depuis notre retour. Et encore la semaine dernière, un soir, vers minuit. Je veux aller maintenant dans le sud de l’Inde. Il m’a dit que si j’y allais, il me rejoindrait là-bas.
ELLE. 18 février 2008. (propos receuillis par Antoine Silber)
Nathalie a trente ans et elle vit à la Rochelle. En Novembre dernier, elle part, sac au dos, un mois en Inde, avec une copine. Et à Varanasi, elle rencontre Dimitri, un jeune diamantaire russe. Elle raconte.
Il y a des gens qui rêvent leur vie. Moi j’ai toujours voulu vivre mes rêves. J’aime voyager. Peut-être par ce que je vis à la La Rochelle, cette ville belle et rebelle comme on dit, complètement ouverte sur le monde. Là, je reviens de quatre semaines d’un voyage en Inde. J’y étais partie avec Géraldine, une amie avec qui j'avais déjà bourlingué, au Mexique, en Australie et à Hawaï. Je savais que ce voyage serait important pour moi. Je pensais que j’étais prête pour l’Inde, pour quelque chose d’ un peu mystique. Mais je ne m’attendais pas a Dimitri. Ni à vivre de telles émotions à Varanesi, cette ville mythique plus connue ici sous le nom de Benares. On vient du monde entier y chercher l'illumination. Et moi, je crois que j’y ai trouvé mon bonheur.
On a débarqué a New Delhi début novembre. On avait un mois devant nous, ce qui est plutôt court pour ce genre de voyage. Trois jours à New delhi et c’était déjà le choc. Cette foule dans les rues . Ces odeurs , merveilleuses, si prenantes. On a pris un avion pour Darjeeling. Je voulais voir les montagnes. Là, nouveau choc: les gens , si généreux, des népalais , on n’arrivait plus à les quitter. De là, on a pris le train pour Varanesi. Le trajet devait durer douze heures, mais on a eu 6 heures de retard et on est arrivées, fourbus , pas lavées , un matin , à 5 heures et demi . On avait passé la nuit à nous battre avec les cafards tout en discutant avec un moine bouddhiste, un homme extraordinaire.
Varanesi! C’est là où je voulais aller ! C’est là que les Indiens veulent mourir. Et moi je cherchais mon paradis. On cherchait un hôtel dans les réelles qui longent le Gange. On trouve finalement un endroit correct, la puja guest house, avec une terrasse superbe qui dominait le Gange. On était le six novembre, on comptait rester là deux ou trois nuits avant de repartir vers Agra pour voir le Taj Mahal, Mais on se sentait vraiment sur une autre planète, on était émerveillées et tous les voyageurs, les gens qu’on rencontrait nous disaient de rester. Le 9, il allait y avoir la fête de Diwali. On nous disait: « Diwali, il faut absolument voir ça. C’est la fête des lumières. Pour les Indiens c’est comme Noël…. » On décide donc de rester jusqu’au 10. On avait enfilé des saris , moi un bleu, Geraldine un orangé. On marchait le long du Gange,on regardait tous ces gens se baignant dans ce fleuve sacré, on assistait aux crémations, c’était fascinant. On rentre. Il était quelque chose comme minuit. De la terrasse, tout le mon de lançait des feux d’artifices et des pétards. Un garçon, très grand, trés beau , me tend des pétards pour que je les lance du toit. Comment il était ? Je ne sais pas . Je ne voyais que ses yeux bleus. Il n’était pas indien mais russe. Et charmant. Je me dis : « Mince c’est dommage qu’on parte demain! » . Je n’étais pas à la recherche de quoi que ce soit, d’une histoire , encore moins d’ aventure d’une nuit mais je sentais qu’il se passait quelque chose. Une ambiance particulière.
On va se coucher. Le matin du 10, je me réveille avec une grosse fièvre. On doit partir le soir, je décide de me reposer et je passe ma journée à dormir sur notre si belle terrasse. A 16h, je bouge. Je tiens à faire une dernière fois une balade le long du Gange. Géraldine m'accompagne. Tout a coup on nous interpelle, le garçon de la veille: Dimitri. Ses yeux! Il nous dit ; " ce soir , c’est la fête, la vraie . Il faut que vous restiez ! " Il insiste . On parle. Il nous raconte qu’il a vécu en Inde jusqu’à l’âge de 15 ans parce que sa mère est de Pondichery. Il a 29 ans, un an de moins que moi maintenant il vit à Moscou mais il vient ici quatre fois par an acheter des pierres précieuses. Il est diamantaire. On regardait le Gange, tous les deux. Moi, j’étais un peu dans le coltard, pas maquillée en plus , en jean et débardeur noir. Mais heureuse, j’avais envie que tout ça dure. Il me dit alors: « Méfie toi des voeux que tu fais en Inde, ils se réalisent toujours … »
Notre train pour Agra quittait Varanesi à 6 heures du soir. Je vous passe les détails mais on décide de ne pas le prendre. Geraldine va se coucher et je reste avec Dimitri sur la terrasse .Et puis on va dans sa chambre, une super belle chambre avec un balcon sur le Gange. Les étoiles et la lune se reflètent dans l’eau. C’était féérique. Moi je pense qu’ il n’y a pas de hasard, que des rendez vous. Je DEVAIS le rencontrer, et il fallait que je vienne là pour ça! Il sortait d’une longue histoire, assez douloureuse et moi j’étais seule depuis un an. J’avais vécu cinq ans avec un garçon, mais c’était bien fini. Avec Dimitri, ce qui me plaisait, ce qui me plait, c’est qu’il y a beaucoup de respect. On s’est longtemps regardés dans les yeux avant de s’embrasser. Tout était simple, aussi. A deux heures du matin, on est descendus ensemble chercher des préservatifs, on en a trouvé dans une petite échoppe. On marchait dans la nuit de Varanesi, je me disais: « mais qu’est-ce que tu es en train de vivre? ». Je me sentais emmenée, attirée vers lui par une force irrésistible, comme envoûtée. Il caressait doucement mes lèvres , c’était si puissant et en même temps si délicat.
Se mettre nu devant lui ne ‘m a posé aucun problème , on était très naturels, très vrais tous les deux . Et après, ça a été merveilleux. Fusionnel, il n’ y a pas d’autre mot….Je me suis réveillée le lendemain matin dans ses bras , vers dix heures. De la musique indienne arrivait par la fenêtre, il me serrait contre lui, j’éprouvais un incroyable sentiment de plénitude.
Je suis allée voir Géraldine, et on a pris ensemble le petit-déjeuner. Je lui ai tout raconté, elle était super contente pour moi. Puis je suis remontée dans la chambre et on a refait l’amour. On était le 11 novembre! On est partis déjeuner en ville et prendre les billets à la gare mais les trains étaient complets jusqu’au 14. Lui même repartait ce jour là pour Moscou. C’était incroyable, ce délai que le destin nous accordait, comme s’il était écrit qu’on devait passer encore un peu plus de temps ensemble.
On parlait tout le temps .Et quand on ne parlait pas, on faisait l’amour. Le lendemain, il m’a emmenée voir un sadhu, une sorte de saint qui m’a expliqué que dans une vie antérieure ,j’étais morte à 32 ans mais que dans celle ci je dépasserai les 9O. Et il a précisé : « tu vivras à l’étranger. Tu feras des enfants dans un autre pays que le tien. » Quel pays ? Il ne le disait pas .
On n’est jamais allés a Agra , Géraldine et moi. Après Varanesi, on s’est retrouvées directement au Rahjastan. Avant de reprendre l’avion pour la France. Est-ce que je vais le revoir? Je me pose la question depuis deux mois, maintenant. On s’est dit et répété qu’on allait garder le contact. Quand on s’est quittés, le 14, à la gare, il m’embrassait et il me disait qu’il était sûr qu’on se reverrait. « Ce n’est pas possible autrement ! » Je ne sais pas pourquoi,mais j’y crois.
En rentrant de voyage, moi j’ai toujours du mal à redescendre sur terre, à me réadapter, mais là, ça a été terrible. Dans ma tête, j’étais encore au bord du Gange, avec Dimitri. Depuis huit ans, je vends des vêtements de sports, j’ai super bien vécu, très bien gagné ma vie. Mais je sens que c’est fini. Je ne veux plus présenter de collections dans des shows rooms, dans de grands hôtels. Je n’ai plus envie de faire du chiffre, être dans l’hyper- matérialisme. Ces dernières années,pendant ces voyages, j’ai rencontré tellement de gens vrais, je me suis découverte. Je veux trouver un travail dans une ONG ou quelque chose en rapport avec le voyage. De toutes façons, je sais que je vais repartir…. Dimitri est à Moscou. On s’est appelés plusieurs fois depuis notre retour. Et encore la semaine dernière, un soir, vers minuit. Je veux aller maintenant dans le sud de l’Inde. Il m’a dit que si j’y allais, il me rejoindrait là-bas.
ELLE. 18 février 2008. (propos receuillis par Antoine Silber)
samedi 9 février 2008
C'est mon histoire :« Je le regardais chanter, il m’hypnotisait…»
Marina a 30 ans . Elle est mariée avec deux enfants; elle a une petite vie tranquille. Mais les concerts l'électrisent. Un soir, elle flashe sur une rock-star.
Moi j’aime les bad boys. Pas bien rasés, avec des tatouages. Exactement le contraire de Laurent, mon mari !
J’ai deux enfants, deux filles de 5 et 2 ans et Laurent et moi ,on est ensemble depuis sept ans . Il est cadre dans une banque.Trés classique, très bcbg, mais adorable. Lui, il n’aime pas aller à des concerts . Il adore s’occuper des enfants et il me laisse faire ce que je veux. Je sors d’ un an de congé parental qui a suivi un an de congé maternité . J’ai perdu mes vingt kilos . J’avais besoin d’air , de fun. Je me suis mise a sortir de plus en plus. Plusieurs fois par semaine. J’ai vu Cali dix fois. Je crève de ne pas voir Miossec, mon préféré, plus souvent.
Je ne vais pas à un concert juste pour rentrer avec un type. Simplement si ça se présente , maintenant je prends.
J’aime la musique, l’émotion que certains musicos dégagent. C’est ça que je recherche: l’émotion. Laurent est bien mais carré , pas vraiment dans l’émotion. Dans le noir des salles, moi je me trouve plus belle. Du coup, c’est un peu un engrenage , une drogue… Un soir, comme ça, j’ai découvert sur My space, une musique,qui m’a littéralement scotchée. Une voix . Des textes. Comme si ça parlait de moi ! J’ai envoyé un message sur la page du groupe pour les féliciter, leur dire que j’accrochais vraiment. Et quelques jours après je me suis retrouvée dans une petit salle , au studio de l'Ermitage, à Menilmontant, où ce groupe passait
J’essayais de repérer les membres du groupe, J’aperçois un garçon, pas très grand, avec une drôle de bonnet et un tatouage sur le poignet. Je plante mes yeux sur lui, je n’arrête plus de le regarder. Il monte sur scène . Il se met à chanter et c’est bizarre parce qu’il est juste trop beau, trop touchant. Il a les yeux fermés mais je sens qu’il me regarde . En plus, les paroles, c’est si fort : j’ai l’impression que tous ses mots sont pour moi.
Je ne voyais que lui, comme s’il était seul sur scène. Je me sentais happée par lui. Je regardais ses doigts sur le manche de sa guitare, hypnotisée. A la fin du concert, je me dis : "Je vais le voir. Je lui dis qu'il me plait". J’arrive. Je me présente. « Bonjour Marina….me répond il , Ah oui on s’est un peu parlé sur my space. C’est cool que tu sois passée! » Avec lui, à coté, une fille, genre la fan absolue. Il me présente « Mon ex » précise-t-il. Je ne savais plus quoi dire. Je suis repartie vers le bar boire une bière et puis je suis rentrée. J’arrive chez moi, j’avais tellement bu . Les enfants dormaient depuis longtemps. Laurent aussi. Mais il fallait encore que je lui envoie un message sur son My space . Et devant mon écran, je me suis lâchée. Je lui ai écrit que je ne pouvais pas me coucher sans lui dire un mot par ce que j'avais eu toute la soirée envie de l'embrasser… ».
Le lendemain, il m’a répondu qu’ il etait touché. Et il a ajouté: « Je suis très timide. ». Ca m’a étonnée parce qu’il serrait ma main de tout le monde dans la salle. Je lui ai laissé un autre petit mot, un: "je t'embrasse". Je lui ai dit qu'il ne risquait pas grand chose avec moi, que je ne cherchais pas l'âme soeur, que je voulais juste du rêve. Pour moi, il etait un joli rêve.
En réalité , je me demande si je n’ai pas été trop entreprenante avec lui . Si je ne lui ai pas fait peur. Un soir, je lui ai écrit: "je t'embrasse où tu veux". Le lendemain, il m’a avoué qu’il aimait qu’on lui embrasse les seins, mais qu’aucune fille n'y pensait jamais. Je lui ai promis que quand on se verrait , moi j'y penserai !!! Il passait quelques semaines apré s à la Flèche d'or. J’ai attendu cette date des jours et des nuits. J’arrive à Paris . Juste avant le concert, je vais chez Virgin à Barbès où Amélie Nothomb signait son dernier livre. J et moi , on avait parlé d’elle. Je voulais qu’elle me fasse une dédicace pour lui. Je me disais : il sait que j'aime Amélie Nothomb, s'il ne me reconnait pas. Avec le livre, il saura qui je suis.
Il chantait et j’étais au premier rang . IL a quitté la scène , j'ai bu 2 bières pour me remettre avant d'aller le voir. Surprise c’est lui qui est venu vers moi. Je lui ai donné le livre, il ne s’attendait pas à ça . « Je suis sous haute surveillance » m’ a t il glissé a l’oreille en me montrant son « ex ». Ca a pris une heure pour qu’il se débarasse d’elle et qu’il me rejoigne enfin.
Il n’était pas en voiture, je l’ai raccompagné.
Je conduisais et il ne se passait rien. Alors a un feu rouge, j’y suis allée. Je ‘lai embrassée et c'était tendre et doux. On arrive chez lui, on n’était pas collés , il ne me tenait pas par la main. Rien . On monte. La lumière. ! J’avais peur qu’il me trouve moche ! Il ne bougeait pas . « Ca ne t’’embète pas si je me roule un joint ? » Il me demande aussi si je prefère qu’on écoute Bjork ou Tricky, de la musique électro. Je dis « Bjork » J’aurais peut-être du choisir l’autre, Bjork, c’était un peu flippant.
Il fumait .Il me caressait les cheveux. Il y avait un canapé-lit, on le déplie. Moi je ne me deshabillais pas . On se caressait mais je ne me sentais pas capable de me retrouver toute nue avec lui. Je lui ai fait une fellation, c’était bon ,j’ai adoré ça. Je me rappellerai ce moment toute ma vie . En partant il m'a prêté un dvd, comme pour me dire qu’ on allait se revoir . Il était cinq heures du matin . Il m’ a demandé de lui envoyer un texto quand je serais arrivée . Il s’inquiétait pour moi. Il était gentil .
Je ne cherchais pas une histoire d’amour, pas un truc régulier. Mais lui, c’est un romantique ! Après il m’a dit: « ce n’est pas trop mon genre de rentrer avec une fille, juste pour baiser. Ca me destabilise ! » Je n’ai plus eu de nouvelles , sauf une fois, un texto où il me disait: "salut Marina... sorry, pour mes silences et mes absences, mais je suis un peu occupé. Je n'oublie rien de ce petit moment de douceur passé ensemble... J'espère que tu vas bien. bisou." Je lui ai répondu en lui proposant de m’accompagner dans une salle que j’aime bien à Ris-orangis pour un concert du groupe « Girls in hawai ». Et il est venu ! Là aussi, après le concert, je ‘lai raccompagné et ça a fini comme la première fois , par une fellation. Il ne faisait rien. Il ne disait rien . Il attendait . Je lui ai demandé s'il me trouvait moche, puisqu"il n'avait pas l'air de me désirer. Il m’ a répondu : « non, pas du tout. Simplement je ne sais pas parler, juste chanter … » Après, le lendemain, il m’a envoyé un texto : « c’était d’enfer » Un peu comme si les filles d’habitude ne lui faisaient pas çà. Ou pas aussi bien.
Il n’ y a plus eu d’autres rencontres , même si on s’envoie encore régulièrement des petits mots . J’ai encore découché un soir pour passer la nuit , mais avec un autre musicien, un batteur et c’est comme si, là aussi, je me mettais en danger volontairement.
Vous connaissez cette chanson de Miossec , « La fidélité » ? Elle dit: « Et je sors/ Et je drague comme on crève/Avec tellement de choses à regretter/ Comme ta langue sur mes lèvres/ » Je l’écoute. Je pense à J et toutes les émotions reviennent. Je ne suis pas sûre que je resterai avec Laurent jusqu’à 60 ans. Et c’est pareil pour le boulot : il faut savoir changer, évoluer . J’étais assistante de direction mais depuis la dernière rentrée, j’ai commencé à suivre des cours de gestion. Pour avoir mieux . Je n’ai jamais autant travaillé . Peut être que je vais me planter mais je préfère cent fois échouer que de ne rien essayer.
Moi je ne veux pas être condamnée a vivre ma petite vie sans essayer autre chose. Sans prendre de risques. Là, j’ai encore pris un gros risque , un risque énorme: je me suis coupée les cheveux. J’ai un visage aigu. Je m’étais toujours dit : « les cheveux courts , ça ne peut pas m’aller, ça me durcit encore plus …. » Et j’ai osé. Tout de suite après j’étais sure que je m’étais plantée mais maintenant je suis hyper contente. Je me regarde dans la glace.Je m’aime bien avec mes cheveux courts , et plats dessus. Je ne regrette rien .
ELLE.4 février 2008. Propos receuillis par Antoine Silber
Moi j’aime les bad boys. Pas bien rasés, avec des tatouages. Exactement le contraire de Laurent, mon mari !
J’ai deux enfants, deux filles de 5 et 2 ans et Laurent et moi ,on est ensemble depuis sept ans . Il est cadre dans une banque.Trés classique, très bcbg, mais adorable. Lui, il n’aime pas aller à des concerts . Il adore s’occuper des enfants et il me laisse faire ce que je veux. Je sors d’ un an de congé parental qui a suivi un an de congé maternité . J’ai perdu mes vingt kilos . J’avais besoin d’air , de fun. Je me suis mise a sortir de plus en plus. Plusieurs fois par semaine. J’ai vu Cali dix fois. Je crève de ne pas voir Miossec, mon préféré, plus souvent.
Je ne vais pas à un concert juste pour rentrer avec un type. Simplement si ça se présente , maintenant je prends.
J’aime la musique, l’émotion que certains musicos dégagent. C’est ça que je recherche: l’émotion. Laurent est bien mais carré , pas vraiment dans l’émotion. Dans le noir des salles, moi je me trouve plus belle. Du coup, c’est un peu un engrenage , une drogue… Un soir, comme ça, j’ai découvert sur My space, une musique,qui m’a littéralement scotchée. Une voix . Des textes. Comme si ça parlait de moi ! J’ai envoyé un message sur la page du groupe pour les féliciter, leur dire que j’accrochais vraiment. Et quelques jours après je me suis retrouvée dans une petit salle , au studio de l'Ermitage, à Menilmontant, où ce groupe passait
J’essayais de repérer les membres du groupe, J’aperçois un garçon, pas très grand, avec une drôle de bonnet et un tatouage sur le poignet. Je plante mes yeux sur lui, je n’arrête plus de le regarder. Il monte sur scène . Il se met à chanter et c’est bizarre parce qu’il est juste trop beau, trop touchant. Il a les yeux fermés mais je sens qu’il me regarde . En plus, les paroles, c’est si fort : j’ai l’impression que tous ses mots sont pour moi.
Je ne voyais que lui, comme s’il était seul sur scène. Je me sentais happée par lui. Je regardais ses doigts sur le manche de sa guitare, hypnotisée. A la fin du concert, je me dis : "Je vais le voir. Je lui dis qu'il me plait". J’arrive. Je me présente. « Bonjour Marina….me répond il , Ah oui on s’est un peu parlé sur my space. C’est cool que tu sois passée! » Avec lui, à coté, une fille, genre la fan absolue. Il me présente « Mon ex » précise-t-il. Je ne savais plus quoi dire. Je suis repartie vers le bar boire une bière et puis je suis rentrée. J’arrive chez moi, j’avais tellement bu . Les enfants dormaient depuis longtemps. Laurent aussi. Mais il fallait encore que je lui envoie un message sur son My space . Et devant mon écran, je me suis lâchée. Je lui ai écrit que je ne pouvais pas me coucher sans lui dire un mot par ce que j'avais eu toute la soirée envie de l'embrasser… ».
Le lendemain, il m’a répondu qu’ il etait touché. Et il a ajouté: « Je suis très timide. ». Ca m’a étonnée parce qu’il serrait ma main de tout le monde dans la salle. Je lui ai laissé un autre petit mot, un: "je t'embrasse". Je lui ai dit qu'il ne risquait pas grand chose avec moi, que je ne cherchais pas l'âme soeur, que je voulais juste du rêve. Pour moi, il etait un joli rêve.
En réalité , je me demande si je n’ai pas été trop entreprenante avec lui . Si je ne lui ai pas fait peur. Un soir, je lui ai écrit: "je t'embrasse où tu veux". Le lendemain, il m’a avoué qu’il aimait qu’on lui embrasse les seins, mais qu’aucune fille n'y pensait jamais. Je lui ai promis que quand on se verrait , moi j'y penserai !!! Il passait quelques semaines apré s à la Flèche d'or. J’ai attendu cette date des jours et des nuits. J’arrive à Paris . Juste avant le concert, je vais chez Virgin à Barbès où Amélie Nothomb signait son dernier livre. J et moi , on avait parlé d’elle. Je voulais qu’elle me fasse une dédicace pour lui. Je me disais : il sait que j'aime Amélie Nothomb, s'il ne me reconnait pas. Avec le livre, il saura qui je suis.
Il chantait et j’étais au premier rang . IL a quitté la scène , j'ai bu 2 bières pour me remettre avant d'aller le voir. Surprise c’est lui qui est venu vers moi. Je lui ai donné le livre, il ne s’attendait pas à ça . « Je suis sous haute surveillance » m’ a t il glissé a l’oreille en me montrant son « ex ». Ca a pris une heure pour qu’il se débarasse d’elle et qu’il me rejoigne enfin.
Il n’était pas en voiture, je l’ai raccompagné.
Je conduisais et il ne se passait rien. Alors a un feu rouge, j’y suis allée. Je ‘lai embrassée et c'était tendre et doux. On arrive chez lui, on n’était pas collés , il ne me tenait pas par la main. Rien . On monte. La lumière. ! J’avais peur qu’il me trouve moche ! Il ne bougeait pas . « Ca ne t’’embète pas si je me roule un joint ? » Il me demande aussi si je prefère qu’on écoute Bjork ou Tricky, de la musique électro. Je dis « Bjork » J’aurais peut-être du choisir l’autre, Bjork, c’était un peu flippant.
Il fumait .Il me caressait les cheveux. Il y avait un canapé-lit, on le déplie. Moi je ne me deshabillais pas . On se caressait mais je ne me sentais pas capable de me retrouver toute nue avec lui. Je lui ai fait une fellation, c’était bon ,j’ai adoré ça. Je me rappellerai ce moment toute ma vie . En partant il m'a prêté un dvd, comme pour me dire qu’ on allait se revoir . Il était cinq heures du matin . Il m’ a demandé de lui envoyer un texto quand je serais arrivée . Il s’inquiétait pour moi. Il était gentil .
Je ne cherchais pas une histoire d’amour, pas un truc régulier. Mais lui, c’est un romantique ! Après il m’a dit: « ce n’est pas trop mon genre de rentrer avec une fille, juste pour baiser. Ca me destabilise ! » Je n’ai plus eu de nouvelles , sauf une fois, un texto où il me disait: "salut Marina... sorry, pour mes silences et mes absences, mais je suis un peu occupé. Je n'oublie rien de ce petit moment de douceur passé ensemble... J'espère que tu vas bien. bisou." Je lui ai répondu en lui proposant de m’accompagner dans une salle que j’aime bien à Ris-orangis pour un concert du groupe « Girls in hawai ». Et il est venu ! Là aussi, après le concert, je ‘lai raccompagné et ça a fini comme la première fois , par une fellation. Il ne faisait rien. Il ne disait rien . Il attendait . Je lui ai demandé s'il me trouvait moche, puisqu"il n'avait pas l'air de me désirer. Il m’ a répondu : « non, pas du tout. Simplement je ne sais pas parler, juste chanter … » Après, le lendemain, il m’a envoyé un texto : « c’était d’enfer » Un peu comme si les filles d’habitude ne lui faisaient pas çà. Ou pas aussi bien.
Il n’ y a plus eu d’autres rencontres , même si on s’envoie encore régulièrement des petits mots . J’ai encore découché un soir pour passer la nuit , mais avec un autre musicien, un batteur et c’est comme si, là aussi, je me mettais en danger volontairement.
Vous connaissez cette chanson de Miossec , « La fidélité » ? Elle dit: « Et je sors/ Et je drague comme on crève/Avec tellement de choses à regretter/ Comme ta langue sur mes lèvres/ » Je l’écoute. Je pense à J et toutes les émotions reviennent. Je ne suis pas sûre que je resterai avec Laurent jusqu’à 60 ans. Et c’est pareil pour le boulot : il faut savoir changer, évoluer . J’étais assistante de direction mais depuis la dernière rentrée, j’ai commencé à suivre des cours de gestion. Pour avoir mieux . Je n’ai jamais autant travaillé . Peut être que je vais me planter mais je préfère cent fois échouer que de ne rien essayer.
Moi je ne veux pas être condamnée a vivre ma petite vie sans essayer autre chose. Sans prendre de risques. Là, j’ai encore pris un gros risque , un risque énorme: je me suis coupée les cheveux. J’ai un visage aigu. Je m’étais toujours dit : « les cheveux courts , ça ne peut pas m’aller, ça me durcit encore plus …. » Et j’ai osé. Tout de suite après j’étais sure que je m’étais plantée mais maintenant je suis hyper contente. Je me regarde dans la glace.Je m’aime bien avec mes cheveux courts , et plats dessus. Je ne regrette rien .
ELLE.4 février 2008. Propos receuillis par Antoine Silber
C'est mon histoire :« J’ai 24 ans et demi, les yeux verts … »
C’est mon histoire
T/
Dans sa vie, il y a Rémi. Entre eux, la relation est tendre, sexuelle et….à éclipses. Clémence, 24 ans « et demi», comme elle le précise, nous donne, avec humour, sa version de « Sex and the city »
J'ai 24 ans et demis, les yeux verts et un grand sourire. Je suis brune après être passée du rouge au noir (ma période gothique qui ne m'a jamais vraiment quittée), et puis au blond…J’aime les bijoux, les magazines, je suis une fille un peu clichée
parfois…J'aime fumer.J’aime conduire mais j’ai peur d’ aller sur l'autoroute. J’ai peur des escaliers aussi, je tombe tout le temps. Je chante mal, mais j'organise bien les karaokés. J’aime rire, je ris très fort.J’aimerais bien avoir une voix grave, rauque mais je me coltine une voix de petit pinson enjoué.
Je suis étudiante en Lettres.
J’aime Baudelaire, Verlaine et Rimbaud. Tchekhov, Pennac, Brink et Labro. Et les sœurs Brontë. Je traîne mes études depuis 6 ans. Je fais des remplacements comme prof. J’ai un bon feeling avec les ados de 14 ans, mais je sais que je ne ferai pas ça toute ma vie.
Je m’habille BCBG, on dit que je suis classe. Il y a toujours une touche de couleur dans ce que je porte. Un sac violet, une écharpe rose.J'ai été grosse mais je ne le suis plus. Ma mère trouve que je devrais être plus mince encore mais moi je me trouve pas mal. Je m'aime bien.
Je suis trop spontanée, c’est ce que disent mes copines. Entre nous, on philosophe, on se fait des petites réflexions sur la vie, les mecs:
"Il a le sexe, comment dire, spongieux, tu vois ce que je veux dire??"
"Meeeeerde-……"
Ou alors
"Non, mais tu crois qu’ il a un syndrome d’ engagement impossible ce type?"
" Ouais, y ‘a des chances ! Il a pas digéré son ex. Il est pas sain. Ca pue la galère."
"Si j'y vais, tu me soutiendras?"
"J'ai déjà prévu des paquets de clopes."
"Ok merci"
Nos histoires, on les dramatise, on en rigole:
"Tu crois qu’il m'aiiiime?"
" Nan"
"Ouais, t as raison. Moi non plus…"
A un moment, j’allais énormément en boite. Je dansais sur les tables totalement saoule, en hurlant "la vie est belle!!!" C’était le temps où elle n’était pas belle, où j’allais mal. Maintenant je vais bien. Oui,je suis contente de dire que je vais bien. Même si je n’ai pas vu Rémi depuis un
mois….
Comment décrire Rémi? 28 ans.Avocat. Très diplômé. Très prometteur. Brun, les yeux noirs. Très beau. Il a un grain de beauté sur son menton carré. Un gros nez, j'adore les gros nez (chez les hommes), c’est oedipien, ça! Je trouve Depardieu sexy, c’est un peu exagéré mais l'idée est là. Revenons à Rémi… Il a une voix grave, très masculine. Il parle lentement, il dit "Bonjour" d’une façon suave, je fonds. Après il me dit que je suis magnifique, sublime, je n’ai plus de mot… Il danse la salsa comme personne. C’est un latin, il est sensuel, séducteur,manipulateur, parfois odieux.Très manipulateur !
Il y a cinq ans, je sortais avec Peter, j'avais 20 ans. Peter? C’est un « garçon », par opposition à « homme ». Pas très mûr. Gentil, très gentil, mais beaucoup de problèmes. On faisait partie d’une bande dans laquelle il y avait Rémi ,lequel avait une copine qui s’appelait Julia. A cette époque,je n’allais pas bien. Je suis partie enseigner un an à Glasgow. Je buvais énormément: 5, 6 gin tonic dans une soirée. J’étais une vraie loque. J'ai rompu avec Peter. J’ai rompu avec mes parents, aussi. Avec ma mère,on ne se parlait plus, on ne se comprenait plus. Ca me fait mal quand je pense à quel point j’ai fait souffrir mes parents à ce moment-là ! Un soir, j'étais tellement mal, j’avais le couteau sur mon poignet. J'ai eu un moment de lucidité, heureusement,je suis allée aux urgences psychiatriques. Ils m'ont repêchée.
J'ai fait le tri de mes amis. J’ai repris l'université. J'ai arrêté ma psychothérapie. Je ne sortais plus, en tous cas plus en boîte et puis un soir, en mai 2006, on me traîne quand même dans une boite d’ étudiants.A une soirée « jupes ». Jupes, pour les garçons aussi ! Je faisais la queue devant les toilettes avec une copine, on pouffait en regardant ces grands gaillards en jupes roses à pois.J'entend une voix masculine qui dit "Vraiment n'importe quoi!" en riant.Je me retourne et là: Rémi ! D’un seul coup,tout me revient ,tout ce passé, Peter, Rémi, la bande.Et cette soirée du Nouvel an 2004 où on était allé avec Peter passer 3 jours à Val d’Isère chez des amis et où Rémi était là,aussi, avec Julia.Il y avait eu alors quelque chose entre Rémi et moi ,pas grand chose, presque rien, mais quand même. Il était trois heures du matin, j’allais me coucher, tout le monde dormait, je tombe sur lui dans le couloir. Moi, dans un pyjama ridicule en pilou avec des nounours.Lui, trés joyeux. Il me saisit par la taille, plante ses yeux dans les miens et me murmure à l’oreille:« t’es tellement sexy !». Il me fait un bisou trés tendre, très prés de la bouche. Depuis, cette scène me hantait… Alors là, dans cette boîte,tout d’un coup, je le retrouve devant la porte des toilettes, je le regarde et la seule chose que je trouve à dire, c’est: "t'es toujours avec Julia?" Et lui:"non". Et il sourit. Il est libre. On est libres.Toute la soirée, ensuite,on rigole, on se frôle, on s’aperçoit qu’on a grandi.On s'embrasse. Il me dit qu’il ne veut pas de relation sérieuse. Je lui réponds:« ça me convient». Et on finit la nuit chez lui. Bien sûr.
On a bu et fumé à la lueur des bougies. Il était délicat, doux. C'était cool. C’est rare que je sois cool avec un homme quand je sais que quelques minutes après, il va me voir nue. On a recommencé à s’ embrasser (est-ce qu on avait vraiment arrêté?). Il a doucement enlevé ma robe. J'ai retiré sa chemise. Il avait un corps magnifique, vivant. Je sentais ses mains dans mes cheveux,sur mes épaules, le long de mes bras, sur mes pieds, sur mon ventre, partout. Il avait quatre mains! Il me répétait: « tu es belle ». Il prenait son temps. On a fait l'amour des heures et des heures. Il a commencé à faire jour. Je devais rentrer.
Depuis, on est ensemble . Enfin, ensemble… Il y a eu des nuits torrides. J’ai commencé à m'attacher. Il ne voulait toujours pas être en couple, mais moi si, en fait. Je ne pensais même qu’à ça: on prendrait tout à deux les bonheurs, les malheurs,les joies, les emmerdes. Parce qu’à deux c’est mieux, c’est plus facile que seul. Aimer l’autre. Etre solidaire. Faire un enfant avec lui. J'avais envie d'un enfant. J’ai envie d’un enfant. Mais pas lui, alors au bout d’un moment, je me suis éloignée , je suis sortie avec un autre garçon. Mais on s'est revus et on a refait l'amour et il y a eu d’autres nuits torrides et encore des soirées pleines de câlins, d'affection,de tendresse.
Quand on est célibataire et qu’on le vit, disons pas trop mal mais pas non plus super bien, c’est important la tendresse. J’arrive chez lui, il me prend dans ses bras,il m’embrasse,il me caresse les cheveux, j’ai l’impression qu’il a quatre mains, je suis dans un cocon chaud et agréable,ça me réchauffe.Ce n’est peut être pas de l’amour mais ça me fait du bien. Quand je le vois, il peut faire de moi ce qu’il veut. Quand je ne le vois pas je fais en sorte qu’il ne me manque pas. Il n’ est ni un ange, ni un salaud. Il est juste comme nous nous tous ( et toutes): un peu paumé dans sa
vie. Il se réfugie dans son travail et il baise à coté.Parce que oui: il baise, il n’y pas d’ autre mot. Sans sentiments mais bien. Il baise bien. Peut-être voudra-t il à un moment s‘engager davantage avec moi. Peut-être est-ce que je rencontrerai quelqu'un d'autre.Je ne sais pas. Je ne connais pas la suite de l’histoire.Je sais juste que j’ai envie de la continuer avec lui.
Rémi, c’est mon Mister Big! Vous savez le mec de Carrie Bradshaw dans « Sex and the city ». Celui qui part et qui revient. Celui qui la fait pleurer. Celui à cause de qui elle pète régulièrement un câble. Moi, je suis elle. Comme elle, je me suis blindée. Il fut un temps où j'étais si mal que j’acceptais d’avoir mal. Maintenant je vais bien et je veux me sentir vivante autrement que par la douleur.Le sexe pour le sexe, c’est notre liberté mais c’est aussi notre faiblesse.Je ne suis pas cynique.J’ai simplement developpé un sens aigu de l'auto-dérision. Ce qui ne m’empêche pas d’essayer de rester vraie.
ELLE. 2006. Propos receuillis par Antoine Silber
T/
Dans sa vie, il y a Rémi. Entre eux, la relation est tendre, sexuelle et….à éclipses. Clémence, 24 ans « et demi», comme elle le précise, nous donne, avec humour, sa version de « Sex and the city »
J'ai 24 ans et demis, les yeux verts et un grand sourire. Je suis brune après être passée du rouge au noir (ma période gothique qui ne m'a jamais vraiment quittée), et puis au blond…J’aime les bijoux, les magazines, je suis une fille un peu clichée
parfois…J'aime fumer.J’aime conduire mais j’ai peur d’ aller sur l'autoroute. J’ai peur des escaliers aussi, je tombe tout le temps. Je chante mal, mais j'organise bien les karaokés. J’aime rire, je ris très fort.J’aimerais bien avoir une voix grave, rauque mais je me coltine une voix de petit pinson enjoué.
Je suis étudiante en Lettres.
J’aime Baudelaire, Verlaine et Rimbaud. Tchekhov, Pennac, Brink et Labro. Et les sœurs Brontë. Je traîne mes études depuis 6 ans. Je fais des remplacements comme prof. J’ai un bon feeling avec les ados de 14 ans, mais je sais que je ne ferai pas ça toute ma vie.
Je m’habille BCBG, on dit que je suis classe. Il y a toujours une touche de couleur dans ce que je porte. Un sac violet, une écharpe rose.J'ai été grosse mais je ne le suis plus. Ma mère trouve que je devrais être plus mince encore mais moi je me trouve pas mal. Je m'aime bien.
Je suis trop spontanée, c’est ce que disent mes copines. Entre nous, on philosophe, on se fait des petites réflexions sur la vie, les mecs:
"Il a le sexe, comment dire, spongieux, tu vois ce que je veux dire??"
"Meeeeerde-……"
Ou alors
"Non, mais tu crois qu’ il a un syndrome d’ engagement impossible ce type?"
" Ouais, y ‘a des chances ! Il a pas digéré son ex. Il est pas sain. Ca pue la galère."
"Si j'y vais, tu me soutiendras?"
"J'ai déjà prévu des paquets de clopes."
"Ok merci"
Nos histoires, on les dramatise, on en rigole:
"Tu crois qu’il m'aiiiime?"
" Nan"
"Ouais, t as raison. Moi non plus…"
A un moment, j’allais énormément en boite. Je dansais sur les tables totalement saoule, en hurlant "la vie est belle!!!" C’était le temps où elle n’était pas belle, où j’allais mal. Maintenant je vais bien. Oui,je suis contente de dire que je vais bien. Même si je n’ai pas vu Rémi depuis un
mois….
Comment décrire Rémi? 28 ans.Avocat. Très diplômé. Très prometteur. Brun, les yeux noirs. Très beau. Il a un grain de beauté sur son menton carré. Un gros nez, j'adore les gros nez (chez les hommes), c’est oedipien, ça! Je trouve Depardieu sexy, c’est un peu exagéré mais l'idée est là. Revenons à Rémi… Il a une voix grave, très masculine. Il parle lentement, il dit "Bonjour" d’une façon suave, je fonds. Après il me dit que je suis magnifique, sublime, je n’ai plus de mot… Il danse la salsa comme personne. C’est un latin, il est sensuel, séducteur,manipulateur, parfois odieux.Très manipulateur !
Il y a cinq ans, je sortais avec Peter, j'avais 20 ans. Peter? C’est un « garçon », par opposition à « homme ». Pas très mûr. Gentil, très gentil, mais beaucoup de problèmes. On faisait partie d’une bande dans laquelle il y avait Rémi ,lequel avait une copine qui s’appelait Julia. A cette époque,je n’allais pas bien. Je suis partie enseigner un an à Glasgow. Je buvais énormément: 5, 6 gin tonic dans une soirée. J’étais une vraie loque. J'ai rompu avec Peter. J’ai rompu avec mes parents, aussi. Avec ma mère,on ne se parlait plus, on ne se comprenait plus. Ca me fait mal quand je pense à quel point j’ai fait souffrir mes parents à ce moment-là ! Un soir, j'étais tellement mal, j’avais le couteau sur mon poignet. J'ai eu un moment de lucidité, heureusement,je suis allée aux urgences psychiatriques. Ils m'ont repêchée.
J'ai fait le tri de mes amis. J’ai repris l'université. J'ai arrêté ma psychothérapie. Je ne sortais plus, en tous cas plus en boîte et puis un soir, en mai 2006, on me traîne quand même dans une boite d’ étudiants.A une soirée « jupes ». Jupes, pour les garçons aussi ! Je faisais la queue devant les toilettes avec une copine, on pouffait en regardant ces grands gaillards en jupes roses à pois.J'entend une voix masculine qui dit "Vraiment n'importe quoi!" en riant.Je me retourne et là: Rémi ! D’un seul coup,tout me revient ,tout ce passé, Peter, Rémi, la bande.Et cette soirée du Nouvel an 2004 où on était allé avec Peter passer 3 jours à Val d’Isère chez des amis et où Rémi était là,aussi, avec Julia.Il y avait eu alors quelque chose entre Rémi et moi ,pas grand chose, presque rien, mais quand même. Il était trois heures du matin, j’allais me coucher, tout le monde dormait, je tombe sur lui dans le couloir. Moi, dans un pyjama ridicule en pilou avec des nounours.Lui, trés joyeux. Il me saisit par la taille, plante ses yeux dans les miens et me murmure à l’oreille:« t’es tellement sexy !». Il me fait un bisou trés tendre, très prés de la bouche. Depuis, cette scène me hantait… Alors là, dans cette boîte,tout d’un coup, je le retrouve devant la porte des toilettes, je le regarde et la seule chose que je trouve à dire, c’est: "t'es toujours avec Julia?" Et lui:"non". Et il sourit. Il est libre. On est libres.Toute la soirée, ensuite,on rigole, on se frôle, on s’aperçoit qu’on a grandi.On s'embrasse. Il me dit qu’il ne veut pas de relation sérieuse. Je lui réponds:« ça me convient». Et on finit la nuit chez lui. Bien sûr.
On a bu et fumé à la lueur des bougies. Il était délicat, doux. C'était cool. C’est rare que je sois cool avec un homme quand je sais que quelques minutes après, il va me voir nue. On a recommencé à s’ embrasser (est-ce qu on avait vraiment arrêté?). Il a doucement enlevé ma robe. J'ai retiré sa chemise. Il avait un corps magnifique, vivant. Je sentais ses mains dans mes cheveux,sur mes épaules, le long de mes bras, sur mes pieds, sur mon ventre, partout. Il avait quatre mains! Il me répétait: « tu es belle ». Il prenait son temps. On a fait l'amour des heures et des heures. Il a commencé à faire jour. Je devais rentrer.
Depuis, on est ensemble . Enfin, ensemble… Il y a eu des nuits torrides. J’ai commencé à m'attacher. Il ne voulait toujours pas être en couple, mais moi si, en fait. Je ne pensais même qu’à ça: on prendrait tout à deux les bonheurs, les malheurs,les joies, les emmerdes. Parce qu’à deux c’est mieux, c’est plus facile que seul. Aimer l’autre. Etre solidaire. Faire un enfant avec lui. J'avais envie d'un enfant. J’ai envie d’un enfant. Mais pas lui, alors au bout d’un moment, je me suis éloignée , je suis sortie avec un autre garçon. Mais on s'est revus et on a refait l'amour et il y a eu d’autres nuits torrides et encore des soirées pleines de câlins, d'affection,de tendresse.
Quand on est célibataire et qu’on le vit, disons pas trop mal mais pas non plus super bien, c’est important la tendresse. J’arrive chez lui, il me prend dans ses bras,il m’embrasse,il me caresse les cheveux, j’ai l’impression qu’il a quatre mains, je suis dans un cocon chaud et agréable,ça me réchauffe.Ce n’est peut être pas de l’amour mais ça me fait du bien. Quand je le vois, il peut faire de moi ce qu’il veut. Quand je ne le vois pas je fais en sorte qu’il ne me manque pas. Il n’ est ni un ange, ni un salaud. Il est juste comme nous nous tous ( et toutes): un peu paumé dans sa
vie. Il se réfugie dans son travail et il baise à coté.Parce que oui: il baise, il n’y pas d’ autre mot. Sans sentiments mais bien. Il baise bien. Peut-être voudra-t il à un moment s‘engager davantage avec moi. Peut-être est-ce que je rencontrerai quelqu'un d'autre.Je ne sais pas. Je ne connais pas la suite de l’histoire.Je sais juste que j’ai envie de la continuer avec lui.
Rémi, c’est mon Mister Big! Vous savez le mec de Carrie Bradshaw dans « Sex and the city ». Celui qui part et qui revient. Celui qui la fait pleurer. Celui à cause de qui elle pète régulièrement un câble. Moi, je suis elle. Comme elle, je me suis blindée. Il fut un temps où j'étais si mal que j’acceptais d’avoir mal. Maintenant je vais bien et je veux me sentir vivante autrement que par la douleur.Le sexe pour le sexe, c’est notre liberté mais c’est aussi notre faiblesse.Je ne suis pas cynique.J’ai simplement developpé un sens aigu de l'auto-dérision. Ce qui ne m’empêche pas d’essayer de rester vraie.
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